Plonger en Sardaigne : la destination à laquelle je ne m’attendais pas

Plonger en Sardaigne
Je vais commencer par un aveu : je n’avais jamais vraiment eu l’idée d’aller plonger en Sardaigne.
L’île me semblait belle, évidemment et la destination agréable. Mais côté plongée ? Rien ne m’avait jusque-là donné cette petite étincelle qui me fait penser : il faut absolument que j’aille voir ça.
Et puis, en janvier 2026, au Salon de la Plongée à Paris, alors que je me dépêche pour rejoindre un dernier rendez-vous avant la fermeture des portes, une main se tend dans une allée et me propose un prospectus.
Plonger en Sardaigne à Capo Galera.
Je le prends avec l’intention de continuer mon chemin et puis, allez savoir pourquoi, je m’arrête et dis à la personne « expliquez-moi votre destination. »
J’écoute d’abord un peu distraitement (j’avoue) jusqu’à ce que mon regard tombe sur les photos du centre : une maison blanche, perchée sur un éperon rocheux, au milieu de la végétation méditerranéenne, avec la mer en contrebas.

Là, forcément, j’écoute un peu mieux. D’autant que j’aime proposer aux internautes des destinations originales et sympas qui ne soient pas à l’autre bout du monde. Plonger en Sardaigne ? Pourquoi pas !
J’explique alors aux responsables du centre que je tiens le blog Different Dive. On me propose de reprendre contact après le salon. Quelques échanges de mails plus tard, c’est décidé : j’irai plonger en Sardaigne et découvrir Capo Galera fin septembre.
Le plus drôle ? Ce n’est que quelques jours avant mon départ que je commence à m’inquiéter de la température de l’eau afin de me protéger du froid. Mais je ne regarde toujours pas les sites de plongée : pas une vidéo, pas une carte, pas même une photo.
Je pars donc pour plonger en Sardaigne sans vraiment savoir ce qui m’attend.
Et à bien y réfléchir, je crois que c’était la meilleure manière de découvrir cet endroit.
Parce que les surprises vont s’enchaîner.
Première surprise : plonger en Sardaigne oui mais à Capo Galera
Il est difficile de comprendre ce qu’est Capo Galera avant d’y avoir posé ses affaires.
Le centre est installé sur un promontoire rocheux, au milieu des pins, des chênes, des pistachiers et des lauriers-roses. Devant vous : la Méditerranée. Au loin, Alghero. Et le soir, le soleil descend sur la mer.
Honnêtement, comme emplacement pour un centre de plongée, on a vu pire.
La propriété elle-même a une histoire étonnante. La maison avait été construite pour un ancien propriétaire qui souhaitait disposer d’un accès privé à la mer. C’est notamment de cette époque que date l’installation permettant d’acheminer du matériel jusqu’en contrebas.
Le centre de plongée s’est ensuite développé sur le site. Aujourd’hui, Gaddo Risso, ses fils et son équipe y accueillent les plongeurs dans une structure qui ressemble presque à un petit village entièrement consacré à la plongée. Et cela depuis une trentaine d’années !
On y trouve un grand parking, des espaces pour préparer, rincer et faire sécher son matériel à l’ombre, un magasin, du matériel de location particulièrement bien entretenu, différents types d’hébergements, la possibilité de venir avec son van et un petit restaurant ouvert le midi.



Les appartements et chambres permettent notamment d’accueillir facilement des groupes.
Tout est simple : vous vous levez, vous enfilez votre combinaison préférée et vous allez plonger.
À midi, retour au centre pour manger un risotto, des pâtes ou un autre plat italien.
Et puis il y a…
L’ascenseur à matériel
Alors ça, j’en veux un dans tous les centres de plongée du monde qui n’ont pas l’accès direct à la mer.
Parce que Capo Galera est perché au-dessus de la mer. Et donc, les bateaux, eux, sont évidemment… en bas.
Imaginez un instant la corvée de descendre puis remonter blocs, détendeurs, gilets et matériel photo le long de la falaise.
Sauf que non. Avant la plongée, tout le matériel de plongée est installé sur une sorte de grand chariot. Celui-ci descend ensuite le long de la falaise grâce à un système de rails et câble jusqu’au niveau des bateaux. Magie.
Pendant ce temps, les plongeurs empruntent tranquillement, à pied, avec leurs palmes, leur masque et éventuellement leur petit matériel le sentier qui serpente le long de la falaise. On voyage léger ici.
Je vous montre :
Astuce : si vous avez un énorme caisson photo, lui aussi peut prendre l’ascenseur en toute sécurité.
Au retour ?
Même chose dans l’autre sens.
Le matériel remonte tout seul pendant que vous, vous remontez tranquillement et légers. Que du bonheur !

Et au-delà du confort (qui est déjà franchement appréciable) éviter de devoir porter du matériel lourd juste après une plongée me semble être une excellente idée en termes de prévention des accidents de plongée.
À ce stade, je trouvais déjà l’endroit assez génial pour plonger en Sardaigne.
Je n’avais encore rien vu.
Deuxième surprise : mais… on va plonger là-dedans ?
C’est là que mon absence totale de préparation avant le voyage prend tout son sens.
Je ne savais absolument pas à quoi m’attendre sous l’eau.
Et je découvre que l’une des grandes particularités du fait de plonger dans cette partie de la Sardaigne se trouve… à l’intérieur de la roche.
La côte de Capo Caccia est un immense système karstique percé de grottes, de tunnels, d’arches et de cavités. Le centre annonce plus d’une vingtaine de sites de plongée, accessibles à des niveaux très différents, depuis les plongées classiques dans la baie ou le long des falaises jusqu’aux plongées en grotte.
Et pendant ma semaine, je vais passer une bonne partie de mon temps à entrer et sortir de la montagne. Tout cela en pensant à bien préserver mes oreilles.
Certaines plongées se déroulent dans d’immenses cavernes baignées par la lumière extérieure alors que d’autres comportent de véritables passages sous plafond. Parfois on évolue entre des arches et des colonnes avec le bleu constamment visible. Tandis que d’autres fois, le bleu disparaît.





Chaque plongée ou presque, je suis remontée sur le bateau en disant : « celle-là, je crois que c’était ma préférée. »
Pour redire exactement la même phrase à la suivante.
Troisième surprise : quatre plongées qui m’ont complètement bluffée
Impossible de raconter tous les sites de cette semaine.
Mais quatre plongées m’ont particulièrement marquée lors de ce séjour pour plonger en Sardaigne.
Falco : poser son bloc et partir explorer une grotte à pied
Imaginez.
Vous quittez le bateau et descendez sur un fond d’une dizaine de mètres.
Vous avancez vers la falaise, entrez dans une cavité et remontez.
Votre tête sort de l’eau. Et là, magie vous êtes à l’intérieur de la montagne.
À partir de là, changement de programme : on gonfle les gilets, on ferme les robinets, on laisse le matériel flotter et on part à pied explorer la grotte. Oui, comme des spéléologues terrestres. C’est juste dingue !
Autour de nous : stalactites, stalagmites, roche sculptée par l’eau et obscurité.
C’est probablement l’une des plongées les plus improbables que j’aie faites depuis mes plongées dans le Lot.
Techniquement, la partie immergée permettant d’atteindre la cavité est courte et accessible à quasi tout le monde. Mais l’expérience est complètement décalée.
Vous êtes parti faire de la plongée sous-marine et vous vous retrouvez à marcher en combinaison au cœur d’une grotte sarde. Avec cette impression extraordinaire d’être en exploration dans un endroit que personne n’aurait découvert avant vous (alors qu’évidemment, des centaines de plongeurs sont passés là avant… chut !) Mais pendant quelques minutes, on fait semblant d’y croire… en tous cas, moi je l’ai vécu comme ça.
J’ai adoré ❤️

Pour agrémenter le tout, à la sortie, vous trouverez du corail rouge… à -10m de fond et donc observable par les plongeurs et plongeuses de tous niveaux 😊
Nereo : entrer dans la montagne à 30 mètres
Changement complet d’ambiance avec Nereo.
La Grotta di Nereo est un immense réseau comportant plusieurs entrées. La plus profonde se trouve aux environs de 30 mètres, tandis que d’autres ouvertures se situent vers 16 à 18 mètres.
Nous descendons donc vers 30-35 mètres.
Et avant même d’entrer, le spectacle commence : d’énormes, que dis-je, d’immenses rascasses sont posées sur le fond et se laissent photographier sans ciller. C’est bluffant.

Puis nous pénétrons dans la grotte.
L’espace est vaste. Très vaste.
À certains endroits du parcours, la lumière extérieure disparaît. On évolue alors véritablement sous plafond avant de retrouver progressivement les ouvertures vers l’extérieur.
Plus tard, changement d’ambiance : nous empruntons un passage beaucoup plus étroit, à une quinzaine de mètres de profondeur au plus bas, où l’on passe l’un derrière l’autre.
Et au bout apparaît une ouverture en forme de cœur dans la roche. C’est le spot des « photos bisou ».
Cette plongée résume assez bien ce qui m’a fascinée en venant plonger ici en Sardaigne : les volumes, la lumière et la configuration changent constamment. Tout est surprenant, tout le temps.
Stalattiti : la roche blanche qui semble couler vers le bleu
Il y a cette plongée qu’on m’avait présentée comme peut-être un peu moins impressionnante.
Erreur.
On commence par explorer tranquillement les roches et observer la vie marine avant de rejoindre la cavité.
Et progressivement, le décor change. Des blocs de roche blanche semblent former des vagues. J’avance entre ces formes lissées, presque organiques et je me sens tellement chanceuse de voir ça.
À un endroit, on remonte jusqu’à une poche d’air. Plus loin, stalactite et stalagmite se sont rejointes pour former une immense colonne. C’est splendide.
Mais mon souvenir le plus fort vient du retour.
Au bout de la cavité, le bleu de la Méditerranée apparaît.
D’abord lointain, puis de plus en plus présent alors que la roche blanche semble littéralement couler vers cette lumière bleue.
Complètement hypnotisant. D’ailleurs, je me dis que c’est peut-être parce que je n’attendais rien de particulier de cette plongée qu’elle m’a autant marquée.

Ghosts’ Cave : et là, on change clairement de registre
La Grotta dei Fantasmi (la grotte des Fantômes) est différente.
L’entrée se trouve à seulement une dizaine de mètres de profondeur et l’ensemble de la plongée s’effectue entre +/-6m et la surface. Mais ne vous laissez pas tromper par le chiffre : faible profondeur ne signifie pas absence de contraintes.
On pénètre ici dans un véritable environnement sous plafond au départ d’une étroiture.
Le centre lui-même décrit un tunnel menant à une salle immergée puis un parcours d’une trentaine de mètres dans une zone où la lumière du jour ne pénètre plus. Le guide nous prévient que le fond peut également contenir des sédiments qui peuvent réduire la visibilité s’ils sont soulevés. Il nous demande donc d’être particulièrement attentifs à notre palmage, notre flottabilité et notre équilibre.
À l’intérieur, le décor est tout simplement incroyable.
La roche blanche tranche sur l’obscurité. Les formes calcaires semblent presque irréelles… un peu comme des fantômes ?
À certains endroits, on peut même sortir la tête de l’eau et observer les concrétions au-dessus de soi.






Attention cependant : l’air n’y est pas respirable. Des poches d’air de certaines grottes de la région peuvent présenter une concentration importante en CO₂ ; le détendeur ici reste donc en bouche.
Cette plongée est un concentré de magie. J’ai donc bien évidemment demandé de la refaire le jour suivant.
Mais elle m’amène aussi à un point dont je veux parler parce qu’il a suscité pas mal de réactions lorsque j’ai publié mes premières images de ce séjour pour plonger en Sardaigne ici et là.
Et la sécurité ?
Lorsque j’ai partagé quelques vidéos de cette semaine pour plonger en Sardaigne à Capo Galera sur les réseaux sociaux, plusieurs plongeurs m’ont interpellée.
Et leur question était légitime :
Pourquoi entrez-vous dans des grottes sans fil d’Ariane ?
Effectivement, ils ont raison.
Lors de certaines des plongées que j’ai effectuées ici en Sardaigne, nous sommes entrés dans des environnements sous plafond sans dérouler de ligne.
Et il me semble important de ne pas balayer la question d’un revers de main sous prétexte que « les guides connaissent les grottes ».
Une caverne dans laquelle la lumière extérieure reste visible et une grotte dans laquelle cette lumière disparaît ne présentent pas les mêmes contraintes.

La profondeur n’est pas non plus le seul élément à prendre en compte.
Dans un environnement sous plafond, on ne peut pas remonter verticalement en cas de problème. La perte de visibilité, l’orientation, la gestion du gaz, la flottabilité, le palmage et la capacité à retrouver la sortie prennent donc une importance toute particulière. Un peu comme pour la plongée sous glace finalement.

L’absence de fils d’Ariane permanents est principalement le fait d’une interdiction d’en mettre, car il s’agit d’un parc naturel. Mais également d’une volonté commerciale des clubs de la région de rendre ces sites accessibles au plus grand nombre. On apprécie ou pas.
À Capo Galera, les plongées sont toutes guidées et l’équipe connaît parfaitement les sites qui, même pour les grottes, restent des sites simples sans possibilité de s’aventurer dans de mauvais tunnels. On n’est clairement pas dans des configurations comme dans le Lot ou les Cénotes.
Aussi, l’équipe adapte les sites aux plongeurs. C’est quelque chose que j’ai pu observer concrètement.
Les premiers jours permettent aux guides d’évaluer l’aisance, la flottabilité et le niveau des personnes présentes. Tous les plongeurs ne sont pas envoyés partout.
Et surtout : vous pouvez dire non.
Une plongeuse présente pendant mon séjour m’a raconté qu’arrivée devant l’entrée d’un site, elle ne s’était pas sentie capable d’y aller en voyant l’étroiture qu’elle devait franchir pour y pénétrer.
Elle l’a dit et le guide l’a raccompagnée tranquillement vers le bateau où une autre plongée lui a été proposée. C’est exactement ainsi que cela devrait se passer : règle numéro un : tu ne le sens pas, tu ne le fais pas !
Avant de décider d’explorer un site, chacun devrait pouvoir comprendre exactement où il va mettre ses palmes et décider si cela correspond à sa formation, son expérience et son niveau de confort. C’est aussi à cela que servent les briefing effectués sur le bateau.
Perso, je n’aurais aucune hésitation à refaire les plongées que j’ai faites, mais je comprends parfaitement qu’un autre plongeur puisse faire un choix différent.

Et puis il y a l’équipe
Un centre de plongée peut être installé dans un endroit extraordinaire et proposer des sites magnifiques : si l’ambiance n’est pas bonne, une partie du plaisir disparaît.
À Capo Galera, c’est exactement l’inverse qui s’est passé.
J’ai trouvé l’équipe franchement adorable.
Les moniteurs sont disponibles, souriants, attentifs, et il règne dans le centre cette ambiance détendue où l’on se sent très vite à l’aise. Gaddo et son fils Lapo sont particulièrement présents et attentifs à ce que tout se passe bien, que ce soit pour les plongées, l’organisation du séjour ou les petits problèmes pratiques qui peuvent forcément survenir lorsqu’on reste plusieurs jours quelque part.

Autre détail qui a son importance pour les francophones : il y a toujours quelqu’un capable de parler français.
Parce que lorsqu’il s’agit de comprendre un briefing de plongée, pouvoir poser une question et être certain d’avoir compris la réponse dans sa langue est loin d’être anecdotique, surtout pour des immersions de ce type là.
Des bateaux où on ne joue pas aux sardines
Il faut aussi que je vous parle des bateaux.
Parce que si, comme moi, vous avez déjà connu certains Zodiacs sur lesquels enfiler ses palmes nécessite presque de négocier un traité de paix avec les trois plongeurs assis à côté et en face de vous, vous allez apprécier.
Il y a notamment le Patrizia, un grand bateau en bois. Il est plus lent, c’est vrai, mais il est immense. On a de la place pour s’équiper, poser ses affaires, circuler. Bref, le trajet vers le site fait déjà partie du plaisir.
Et puis le Zodiac: deux gros moteurs 4 temps (presque sans vibration et bruit et sans odeur,) donc forcément beaucoup plus rapide.
Mais surtout : lui aussi est très large.
Même avec plusieurs plongeurs et tout le matériel, je n’ai jamais eu cette sensation désagréable d’être entassée. On a de la place, on s’équipe confortablement et on peut réellement bouger.
Par contre, en étant à l’avant, comme le boudin est très gros et très haut, j’ai effectué une culbute arrière assez drôle (pour ne pas dire ridicule) qui n’a heureusement pas été filmée 😂
Ajoutez à cela que votre matériel lourd est arrivé en bas tout seul grâce au fameux ascenseur à matos et vous obtenez une organisation de plongée assez difficile à quitter une fois qu’on y a goûté.

Concrètement, à quoi ressemble une journée de plongée en Sardaigne à Capo Galera ?
Le rythme permet de plonger beaucoup si on en a envie et moins si on le souhaite.
Deux plongées successives sont organisées le matin, auxquelles peut s’ajouter une troisième plongée l’après-midi pour ceux qui le souhaitent.
Certaines plongées sont justement programmées l’après-midi parce qu’elles demandent davantage de temps.
C’est le cas de Falco, la fameuse grotte dans laquelle on finit par abandonner temporairement son matériel pour explorer à pied la grotte pleine de stalactites et stalagmites.
Et entre les plongées ?
Eh bien… c’est là qu’est apparu un problème auquel je ne m’attendais absolument pas.
Le gros défaut de Capo Galera
Tout était pourtant prévu : j’avais loué ma petite Fiat Panda (comme tous ceux et celles qui viennent ici ) avec une idée très claire : plonger, oui, mais aussi profiter du séjour pour découvrir l’île. J’allais visiter, me balader et explorer les environs. J’avais une voiture, une semaine devant moi, toute la Sardaigne autour et plein d’idées de visites et découvertes.
Résultat ?
Je n’ai quasiment rien visité.
Bon, j’exagère un peu puisque je suis évidemment allée manger une glace à Alghero.
J’ai aussi testé quelques restaurants dans les environs, dont, pour la première fois de ma vie, un restaurant entièrement vegan. Et franchement ? C’était délicieux, avec en prime des gens absolument charmants.





Mais pour le reste…
Je suis restée à Capo Galera.
Pourquoi ?
Parce que le domaine est beau et sauvage. Et qu’après les plongées, on peut simplement rester là, au milieu des pins, avec la Méditerranée devant soi. Ou manger sur place à midi. Que le soir on peut observer le ballet des libellules ou jouer avec les chats. Enfin, parce qu’on discute avec l’équipe et les autres plongeurs et qu’on s’y sent bien.
Et finalement, quand arrive le moment où l’on pourrait reprendre sa petite Panda et partir explorer l’île, on se dit facilement : bof, je suis bien ici.
C’est peut-être d’ailleurs le seul inconvénient de la situation de Capo Galera lorsque vous allez plonger en Sardaigne : si votre objectif est de combiner plongée et visites touristiques, c’est plus compliqué.

Dès que l’on veut explorer davantage la région, il faut prendre la voiture. Et en Sardaigne, les kilomètres peuvent être trompeurs : beaucoup de routes sont limitées à 30 ou 50 km/h et les déplacements prennent vite plus de temps que prévu.
Si votre priorité absolue est de visiter toute la région, il faudra donc probablement vous forcer un peu à quitter le centre ou prévoir une journée sans plonger (franchement vu les sites, c’est dur). Ou encore rester plus longtemps sur place.
Moi, manifestement, je n’ai pas eu cette volonté et, quelque part, je crois que c’est plutôt bon signe.
Parce qu’avant de partir, j’imaginais mon séjour de plongée en Sardaigne comme des plongées au milieu d’un voyage. Une fois sur place, c’est exactement l’inverse qui s’est produit.
J’étais venue pour découvrir la Sardaigne et plonger. Je me suis retrouvée à plonger énormément et à ne presque plus quitter Capo Galera. Et vous savez quoi ? Je ne l’ai pas regretté une seconde.
Vous n’avez pas encore assez plongé ? il reste la baie
Parce que trois plongées dans la journée ne suffisent pas toujours à tout le monde, juste devant Capo Galera s’étend une grande baie qui constitue à elle seule un joli terrain d’exploration.
Le week-end, l’ambiance change un peu : les plaisanciers sont nombreux à venir y mouiller leur bateau et la baie devient forcément plus animée et plus bruyante. Mais en semaine, elle retrouve son calme et il suffit pratiquement de descendre jusqu’à l’eau pour aller voir ce qui s’y passe.
On peut y plonger l’après-midi, y organiser un baptême de plongée, une plongée de nuit ou simplement partir avec palmes, masque et tuba.
La zone accessible reste peu profonde, généralement autour de 8 à 10 mètres maximum, ce qui permet de prendre son temps.
Certains plongeurs y ont observé des hippocampes. Moi, non.
En revanche, j’y ai fait une plongée de nuit magnifique. À la nuit tombée, la baie baignée de la quasi pleine lune s’est transformée en festival de poulpes et de seiches. Il y en avait partout. On avance de quelques mètres, un poulpe. Encore quelques mètres, une seiche. Puis un autre poulpe…

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Et même en snorkeling, il y a de quoi s’amuser dans la baie.
Plusieurs après-midis, j’ai simplement pris mon masque, mes palmes et ma super caméra d’action pour aller faire du snorkeling. J’y ai notamment croisé de magnifiques grondins volants et réussi à faire des images dont j’étais super contente, sans même avoir besoin de descendre en plongée.
J’y suis même retournée une dernière fois pendant l’heure qui me restait avant de quitter le centre. Quand on en est à essayer de caser une dernière heure de snorkeling avant de reprendre la route de l’aéroport, croyez-moi, je pense qu’on peut officiellement considérer que l’endroit nous a plu.







Plonger en Sardaigne à Capo Galera en groupe : le vrai bon plan
Tout au long de mon séjour, je me suis fait la même réflexion : cet endroit doit être génial avec un club ou un groupe d’amis plongeurs.
Parce que la configuration du domaine s’y prête particulièrement bien.
En plus des chambres situées du côté de la mer, plusieurs hébergements sont nichés dans la végétation, sous les arbres, avec cette impression d’être installé dans une petite pinède méditerranéenne (ce qui est vrai).


Il est notamment possible de réserver des appartements comprenant plusieurs chambres et donc de loger une bonne partie d’un groupe au même endroit.
Et surtout, à partir d’une dizaine de personnes, l’organisation peut devenir beaucoup plus complète : petit-déjeuner le matin et possibilité d’organiser également les repas du soir.
Autrement dit, vous pouvez pratiquement poser les voitures en arrivant et vivre en vase clos pendant votre séjour : dormir, manger, plonger, laisser sécher le matériel et recommencer le lendemain.
Mais aussi en individuel…
Pour les voyageurs individuels, il faut par contre en tenir compte : il n’y a pas de petit-déjeuner organisé ni de repas du soir prévu au quotidien. Le restaurant du centre fonctionne le midi, mais le soir il faudra généralement reprendre la voiture pour aller manger dans les environs. Ou préparer votre repas dans votre cuisine individuelle ou la grande cuisine collective. C’est une option.
Perso, l’absence de restaurant sur place le soir a été la principale raison pour laquelle j’ai parfois réussi à m’arracher à Capo Galera.
Il y a cependant quelques exceptions. Pendant ma semaine, un barbecue a par exemple été organisé un soir. Et le jour de notre départ avait lieu la fameuse soirée pizza, à laquelle je n’ai malheureusement pas pu participer.
Si je devais donc choisir un endroit pour organiser une semaine de plongée avec un club ou une bande d’amis, Capo Galera ferait clairement partie des destinations auxquelles je penserais (d’ailleurs j’y pense déjà : qui vient avec moi ?)
Parce qu’ici, le groupe ne doit pas seulement trouver un centre de plongée : il peut véritablement s’installer sur place.
Plonger en Sardaigne à Capo Galera en pratique
- Où ? Capo Galera, près d’Alghero, au nord-ouest de la Sardaigne.
- Accès : aéroport d’Alghero à 20 minutes ou possibilité de rejoindre l’île en bateau au départ de la France ou de l’Italie.
- Température de l’eau fin septembre : environ 25 °C en surface, mais gros thermocline vers 10-15 m, avec environ 20 °C à 20 m. Le centre m’avait conseillé une semi-étanche, mais je n’en avais plus. Avec une 5 mm + un top néoprène 2 mm avec cagoule, j’étais frigorifiée sous le thermocline. J’ai ajouté ma sous-combinaison chaude Dynaskin de DynamicNord et, avec ces trois couches, j’étais bien. Si vous êtes frileux, ne vous fiez pas aux 25 °C de surface.
- Matériel : matériel complet disponible à la location et en très bon état. Blocs et plombs, bien sûr, sur place.
- Vie sous-marine : barracudas, mérous, rascasses immenses, poulpes, seiches, mostelles, murènes, congres, poissons plats, grondins volant, hippocampes, Bernard Lhermitte, nudibranches et vers plats…
- Niveau : sites accessibles à différents niveaux. Certaines plongées en cavernes ou grottes ne sont proposées qu’à partir du N2 ou Advanced, selon l’aisance et l’expérience du plongeur.
- Rythme : plongées successives le matin, avec possibilité d’une troisième l’après-midi. Plongée de nuit et snorkeling possibles dans la baie.
- Hébergement : chambres et appartements directement sur le domaine, la plupart avec cuisine individuelle ou partagée.
- Repas : restaurant ouvert le midi. Cuisines à disposition. Petit-déjeuner et dîner possibles pour les groupes à partir de 10 personnes.
- Langues : italien et anglais. Mais aussi français, allemand ou espagnol.
- Voiture : conseillée pour aller manger à l’extérieur et visiter les environs. C’est le moment de tester la Panda 😂
- Groupes : destination particulièrement adaptée aux clubs et groupes de plongeurs.








Pourquoi plonger à Capo Galera ?
Évidemment pour tout ce que je viens de raconter.
Mais plus spécialement pour :
- Le caractère encore sauvage de cette côte sarde.
- La Méditerranée, la végétation, les falaises.
- Les mérous, les barracudas, les rascasses, les poulpes, les seiches et, avec davantage de chance que moi, peut-être les hippocampes.
- L’équipe.
- Le centre super bien organisé
- L’ambiance italienne.
- Les plats de pâtes ou le risotto après deux plongées.
- Les bateaux confortables, le matériel qui descend tout seul vers la mer et cette organisation qui rend les journées incroyablement faciles.
- Loppo et Sissi (les deux mascottes) et le ballet des libellules le soir
- …




Mais si je devais retenir une vraie particularité de Capo Galera, ce serait ailleurs.
Sous la roche.
Parce que c’est le seul endroit que je connaisse aujourd’hui où un plongeur loisir peut découvrir aussi facilement ce que l’on ressent lorsque l’on quitte progressivement le bleu pour entrer dans une cavité.
Le centre emmène sur certains de ces sites des plongeurs à partir du niveau 2 ou Advanced, après avoir évalué leur aisance et notamment leur flottabilité. Cela ne transforme évidemment pas un Advanced en plongeur spéléo et cela ne remplace pas une formation spécifique à la plongée souterraine.







Mais cela permet de découvrir cet univers.
De comprendre ce que l’on ressent lorsqu’on entre dans la roche et de découvrir cette étrange sensation lorsque le bleu s’éloigne derrière soi.
D’observer sa réaction aussi lorsqu’il y a soudain un plafond au-dessus de sa tête. Et peut-être de se dire : waouh, j’adore ça.
Pour ma part, j’adore ces plongées. Mais ça, depuis cette expérience, je le savais déjà.
En réalité, je trouve même intéressant qu’une expérience comme celle-ci puisse donner envie d’aller ensuite plus loin. Quitte ensuite à aller se former dans le Lot, directement là en Sardaigne ou ailleurs auprès de personnes spécialisées.
Parce qu’on peut aussi découvrir quelque chose en plongée sans prétendre immédiatement savoir le pratiquer en autonomie.

Les plus et les moins de la plongée en Sardaigne à Capo Galera
Les plus
- Des plongées vraiment différentes
- Un centre dans un cadre exceptionnel
- Une équipe adorable et très disponible
- Une organisation pensée pour le confort des plongeurs
- Jusqu’à quatre plongées par jour
- La baie juste devant le centre
- Une destination particulièrement adaptée aux groupes
Les moins
- Sans voiture, vous risquez d’être assez isolé
- Les déplacements prennent du temps
- Pas de petit-déjeuner ni de dîner quotidien pour les individuels (mais ça incite à sortir, donc c’est bien tout de même 😁)
- Le week-end, la baie perd un peu de sa tranquillité
- Certaines plongées sous plafond ne conviendront pas à tout le monde
Alors, est-ce que je retournerais plonger à Capo Galera ?
Je crois que vous connaissez déjà la réponse.
Ce voyage est probablement l’une de mes plus belles surprises plongée de ces dernières années. Parce que Capo Galera m’a rappelé quelque chose que j’aime particulièrement dans la plongée : la possibilité d’être encore surprise.
Je suis entrée dans la montagne à 30 mètres. J’ai posé mon bloc pour aller marcher entre des stalactites. J’ai nagé entre des parois de roche blanche avant de voir réapparaître le bleu de la Méditerranée. Aussi, j’ai observé poulpes et seiches sous la lune et des grondins volants en snorkeling.
Et puis il y a eu tout le reste : les déjeuners sous les arbres, les trajets en bateau, l’équipe, les discussions entre deux plongées, les fins de journée face à la mer et cette petite Panda censée me faire découvrir la Sardaigne qui a finalement passé beaucoup de temps sur le parking.
On ne peut pas imaginer Capo Galera avant d’aller à Capo Galera ❤️
Alors oui, pour tout ça et bien plus encore… je reviendrai.

Plonger en Sardaigne dans des grottes et des cavernes, ça vous tente ?
Dites-moi cela en commentaire ci-dessous.
Et surtout… pensez à être heureux/heureuse sous l’eau et en surface aussi 😊
Hélène





