Plongée dans la Verzasca : mon incroyable découverte

Plongée dans la Verzasca : mon incroyable découverte de la plus belle rivière de Suisse
Eau cristalline, montagnes majestueuses, canyons sculptés par les glaciers… La plongée dans Verzasca fait rêver de nombreux plongeurs. Après des années à en admirer les photos, j’ai enfin eu la chance d’y plonger. Voici le récit de cette aventure hors du commun, mais aussi tout ce qu’il faut savoir avant de préparer un séjour plongée dans cette rivière mythique du Tessin.
Il y a des plongées qui deviennent des rêves
Certaines destinations de plongée s’imposent à vous sans que vous sachiez vraiment pourquoi.
Pour moi, la Verzasca faisait partie de celles-là.
Depuis des années, je voyais défiler des photos de cette rivière suisse aux eaux d’un vert émeraude presque irréel. Des blocs gigantesques, polis par des milliers d’années d’écoulement glaciaire, formaient des canyons, des vasques, des couloirs de lumière… À chaque image, je me faisais la même réflexion : “Un jour, j’irai.”
Le problème, c’est que la Verzasca n’est pas une destination que l’on improvise. Contrairement à un lac ou à une carrière, il ne suffit pas de saisir ses blocs et de se mettre à l’eau. Les accès sont parfois (très) sportifs, le courant peut devenir très puissant selon les conditions et connaître les différents sites change complètement l’expérience.
Puis, en 2025, lors d’une discussion avec mon ami Thierry Rolland, photographe sous-marin de talent et créateur du Forum Photosub, le sujet vient sur la table.
— « Moi, j’y vais tous les ans. »
Je le regarde avec un petit sourire.
— « Sérieusement ? »
— « Oui… mais je n’emmène jamais personne, à part mon binôme. »
Je tente alors ma chance.
— « Franchement, ça me ferait tellement plaisir de découvrir la Verzasca avec toi… »
Il réfléchit quelques secondes (sans doute pour juger mentalement de la faisabilité de ce voyage en rapport avec mon expérience de plongée), puis accepte. Le projet est lancé.
Les mois passent pourtant très vite et je n’y pense honnêtement plus.
Jusqu’à ce qu’un message apparaisse sur mon téléphone à la fin du mois de mai : “Hélène… Verzasca, fin juin ?”
J’ouvre immédiatement mon agenda et bloque les dates. Direction le Tessin.
Une longue route… mais déjà la sensation que le voyage en vaut la peine
Depuis la Belgique, la route est loin d’être courte.
Les kilomètres défilent et les paysages changent progressivement ; les plaines laissant place aux reliefs, puis aux Alpes.
Même après des années de voyages plongée, il y a ce petit frisson lorsque les montagnes commencent à se dresser devant moi. Elles donnent immédiatement une autre dimension au voyage. On sent que l’on s’approche d’un endroit particulier.
En fin d’après-midi, j’arrive enfin dans la vallée de la Verzasca avec Didier, mon compagnon de vie et de plongée. Et ma première surprise est… inattendue.
Je m’étais imaginé une rivière presque sauvage, confidentielle, fréquentée uniquement par quelques plongeurs initiés.
Pas du tout.
Il y a énormément de monde : des familles, des groupes d’amis, des randonneurs, des touristes par cars entiers…
Des jeunes grimpent sur le célèbre pont de pierre avant de se jeter plusieurs mètres plus bas dans l’eau translucide sous les applaudissements de la foule.
La rivière est un véritable lieu de vie. Et ça se comprend car l’endroit est absolument magnifique. Je me sens hyper chanceuse d’être là.
Première baignade dans une eau venue des glaciers
Le ciel est couvert, mais la chaleur de cette fin de mois de juin caniculaire est déjà écrasante.
Les températures flirtent avec les 30 °C.
Après plusieurs heures de route, je n’ai qu’une envie : aller découvrir cette eau dont tout le monde parle.
Je descends sur les rocher, trempe un pied, puis le deuxième. Didier me dit que pour lui ce n’est pas question.
Mais je ne résiste pas et quelques secondes plus tard, je suis entièrement dans l’eau.
Elle est fraîche, très fraîche. Je pense alors que je ne regrette pas d’avoir pris ma combinaison étanche, même si je prends beaucoup de plaisir à nager un peu dans cette eau à 17°C

Autour de moi, les montagnes encerclent la rivière d’une limpidité fascinante. Les bords sont arrondis et lissés.
Un peu comme si un gigantesque sculpteur les avait patiemment polis. Mais en réalité, c’est l’eau des glaciers qui effectue ce travail depuis des millénaires.
La Verzasca prend sa source à plus de 2 800 mètres d’altitude. À chaque fonte des neiges, à chaque épisode de fortes pluies, le courant transporte sable, graviers et galets qui abrasent lentement les roches. C’est ce phénomène géologique qui donne aujourd’hui à la rivière ces formes incroyablement douces et ces reliefs si photogéniques.
Je n’ai encore rien vu sous l’eau, et pourtant, je suis déjà conquise.
Plongée dans la Verzasca : le grand jour
Je me réveille avant le réveil. C’est toujours mauvais signe. Ou plutôt très bon. Ça veut dire que je suis impatiente. Aujourd’hui, je vais enfin découvrir la Verzasca sous l’eau. Thierry et Jean-Marie nous rejoignent.
Nous échangeons, rions et décidons d’un programme urgent et simple : aller plonger au pied du pont romain sur le site de Ponte dei Salti.
Et autant dire que, à la Verzasca, la plongée commence… avant même de se mettre à l’eau.
Nous logeons dans une petite pension ( la Osteria Pensione Posse à Lavertezzo) dont le propriétaire possède heureusement quelques places de parking réservées aux clients. Car trouver une place relève presque du miracle.
En effet, le secteur attire autant les baigneurs que les randonneurs.
Nous enfilons nos équipements. Et là, contrairement à la veille, je regrette presque d’avoir choisi ma combinaison étanche (oui, je sais, j’ai dit l’inverse un peu plus haut).
Il fait déjà une chaleur étouffante et l’attente devient rapidement… compliquée. Je me fais l’impression d’être dans une papillote occupée à cuire sur place. Nous fermons nos combinaisons au dernier moment et prenons le temps de bien nous hydrater. Je redemande si je n’aurais pas du choisir une humide comme mon ami Thierry.

Quelques précautions
Lorsqu’on plonge en rivière de montagne, on pense spontanément au froid. Mais on oublie souvent que la préparation s’effectue parfois en plein soleil, avec plusieurs centaines de mètres à parcourir en étant tout équipé. Et la déshydratation arrive beaucoup plus vite qu’on ne l’imagine.
Une fois les blocs sur le dos, nous avançons lentement, très lentement (trop ?). Impossible de faire autrement. Thierry et Jean-Marie, très habitués aux sites, nous guident avec bienveillance veillant à emprunter le chemin le plus simple.
Nous zigzaguons entre les serviettes de plage, les enfants qui jouent, les groupes installés sur les rochers et les touristes intrigués par notre équipement. Ça sent un mélange de pins et de crème solaire. L’ambiance me fait sourire et me fait un peu l’effet d’une plage où des phoques seraient occupés à bronzer. Mais je me concentre sur mes pas : un après l’autre.
Les regards nous suivent. Un touriste demande :“Vous allez vraiment plonger ici ?”
Oui.
Le grand saut
Encore quelques mètres, la mise des palmes et nous nous laissons glisser dans l’eau fraîche qui enveloppe instantanément tout mon corps… comme le silence.
En quelques secondes seulement, toute la chaleur accumulée disparaît.
Je regarde devant moi et ce que je découvre dépasse déjà tout ce que j’avais imaginé. Je crois même que je suis restée dix secondes sans donner un seul coup de palme. Dix secondes, ça paraît ridicule. Sous l’eau, c’est une éternité. Mais j’avais attendu ce moment pendant des années. Je voulais maintenant le capturer au fond de mon coeur.
Les roches semblent avoir été sculptées à la main formant des couloirs de pierre qui s’ouvrent devant nous.
La lumière danse sur les reliefs laissant apparaitre quelques truites farouches.
Le courant est faible, parfait pour une première immersion.
Je regarde Didier avec des étoiles dans les yeux, fais signe OK à Thierry qui s’assure que nous sommes prêts et m’élance.

Photo : @Thierry Rolland
La Verzasca, une rivière qui ne ressemble à aucune autre
Dès les premiers coups de palmes, quelque chose me frappe.
J’ai beau avoir plongé dans des centaines de sites, en carrière, en lac, en mer, sur des épaves, dans des grottes ou des récifs coralliens, je n’ai jamais vu un paysage comme celui-ci. Ici, le décor est le véritable sujet.
Les immenses blocs de gneiss semblent avoir été déposés par un géant. Ils s’emboîtent parfaitement les uns dans les autres, formant des couloirs, des marmites, des canyons miniatures et des passages où la lumière vient jouer avec les reliefs. J’ai l’impression d’être dans un… dessin animé !
On comprend immédiatement pourquoi tant de photographes sous-marins viennent ici.
Chaque mètre offre une nouvelle composition, une nouvelle perspective, un nouveau jeu de lumière.


Photos : @Thierry Rolland
Nous évoluons à seulement cinq ou six mètres de profondeur. La plongée est étonnamment peu profonde.
C’est d’ailleurs une autre particularité de la Verzasca ; on n’y vient pas pour battre un record de profondeur. On y vient pour contempler, prendre son temps, jouer avec les reliefs, passer sous les cascades, photographier et finir par s’émerveiller.
J’adore et je m’amuse à prendre plusieurs plans avec ma merveilleuse caméra d’action.
Au bout d’une heure environ, nous décidons de rentrer et c’est là que la partie la plus sportive commence.

Sortir de l’eau… au milieu des touristes
Lorsque nous faisons surface, la rivière a encore changé d’ambiance. La chaleur est montée et les baigneurs sont désormais partout ; les roches sont noirs de monde.
Thierry et Jean-Marie passent devant pour tenter de nous « ouvrir » la voie. Je les regarde essayer de se frayer un chemin avec leurs blocs sur le dos. Ce n’est pas simple et je n’ai aucune envie de me contorsionner avec le poids sur mon dos.
Des jeunes sont installés exactement à l’endroit où je dois sortir. Ils discutent tranquillement, sans vraiment réaliser qu’ils bloquent complètement le passage. Alors, quand vient mon tour de sortir, je leur demande gentiment :
— « Est-ce que je peux prendre appui sur ton épaule pour remonter ? »
L’un d’eux me répond avec le sourire.
— « Bien sûr ! »
Je pose ma main sur son épaule.
À peine ma combinaison encore ruisselante touche sa peau qu’il sursaute.
L’eau de la Verzasca est décidément beaucoup plus froide que ce qu’il imaginait, mais il fait le « bonhomme » et bombe le torse. Je souris intérieurement, mais reste sérieuse à l’extérieur pour ne pas le vexer.
Quelques secondes plus tard, je suis de nouveau occupée à déambuler sur les rochers et immédiatement… la chaleur revient. Comme si quelqu’un avait ouvert la porte d’un four. Je vous assure que je ne m’attarde pas pour aller me déséquiper.
Direction Pozzo de la Misura ou Missouri
Après une courte pause, Thierry nous propose un autre site.
— « Maintenant, on va à Missouri. »
Quelques minutes plus tard, nous y sommes. Enfin… presque.
Le premier miracle de la journée se produit lorsque nous trouvons deux places de parking juste devant l’accès. Quand on connaît la fréquentation estivale de la vallée, on mesure immédiatement notre chance. Le site est déjà très différent.
Thierry nous dit qu’au fur et à mesure des années, les plongeurs suisses ont réalisé un véritable travail d’aménagement.

Contrairement aux plongées dans le passé, aujourd’hui, des escaliers permettent de rejoindre la rivière beaucoup plus facilement sur les différents sites. Mais l’accès reste physique, car nous portons sur nos dos tout le matériel : les blocs, le lest, l’étanche, le matériel photo…
Sous près de 30 °C.
Autant dire qu’on transpire abondamment avant même d’avoir aperçu l’eau.
Pendant que nous crapahutons à l’ombre des arbres qui laisse filtrer l’odeur de l’été, Thierry m’explique que selon le niveau de la rivière, l’accès peut être beaucoup plus compliqué.
Cette fois, le débit de la rivière est relativement faible et le niveau d’eau bas, ce qui facilité l’entrée. Et, chance, nous sommes seuls sur le site. Quelques secondes plus tard… nous retrouvons ce silence si particulier.

Je m’arrête net. Littéralement.
Les autres continuent à avancer, mais je reste là, suspendue à cinq mètres de profondeur. Devant moi, les roches ressemblent à une immense sculpture abstraite. Pas d’arête vive ou d’angle. Tout est rond.
Je sors ma caméra pour immortaliser une infime partie de ce que je ressens.
Pendant une heure, nous déambulons au milieu de ce décor fantastique qui alterne les passages plus sombres, les cascades, les couloirs.
Mes yeux fixe les pierres sur le fond qui brillent comme si c’était de l’or. C’est bluffant, magnifique.
Posse 2 : la plongée qui me fait tomber amoureuse de la Verzasca
Je pensais avoir déjà découvert le meilleur de la rivière sous le pont.
Je me trompais. Posse 2 m’a fait fondre… même si, une de fois de plus il faut en mérité l’accès.


Ici, sous l’eau, le paysage devient encore plus spectaculaire : les blocs sont plus imposants, les passages plus étroits ou plus larges et les jeux de lumière encore plus beaux.
Par endroits, le soleil traverse entièrement la rivière et dessine sur les roches des motifs mouvants qui changent à chaque seconde. Impossible de ne pas s’arrêter régulièrement ou de ne pas sortir son appareil photo.
On comprend pourquoi tant d’images de la plongée à la Verzasca circulent sur les réseaux sociaux.
Aucune ne triche, parce que le lieu est réellement beau. Encore plus au travers de nos yeux que sur les images.
Nous nous amusons à prendre des images sous différents angles. Mais pas de photo macro ici, il n’y a pas grand-chose pour ça.
Soudain une tâche verte attire mon regard. Une plante, toute petite a décidé de pousser là, dans les cailloux et le courants. Je ne doute pas un instant qu’elle sera arrachée aux prochaines crues. Mais d’ici là, je veux la préserver notamment des palmes des plongeurs et plongeuses fréquentant le site. Alors, je place deux gros cailloux autour d’elle. Maigre précaution qui me donne l’impression d’être une Don Quichotte des fonds aquatiques.
Nous remontons progressivement la rivière vers une petite cascade puis passons sous le rideau d’eau où les bulles nous enveloppent.


Photos : @Thierry Rolland
Un comportement inhabituel
Nous nous accrochons aux énormes blocs pour rester en place.
Cela pourrait surprendre un plongeur habitué aux récifs coralliens. En mer, je suis la première à rappeler qu’il ne faut jamais toucher.
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Ici, le contexte est totalement différent, car les roches sont nues. Les rares algues qui s’y développent sont régulièrement arrachées par les crues. Il n’y a ni coraux, ni éponges, ni organismes fragiles fixés sur ces blocs comme en milieu marin.
Nous pouvons donc nous maintenir ponctuellement pour jouer avec le courant sans provoquer les dégâts que cela entraînerait sur un récif.
Encore une fois, cela ne dispense évidemment pas d’adopter un comportement respectueux.
Mais ici, la rivière impose ses propres règles qui rendent cette plongée si différente de toutes les autres.

Après le réconfort… l’effort
À cet instant précis, suspendue sous cette cascade, entourée par ces montagnes et cette eau rafraîchissante et claire, une pensée me traverse l’esprit : pourquoi ai-je attendu aussi longtemps avant de venir plonger ici ?
Une fois la tête hors de l’eau je regarde la côte abrupte qu’il va falloir remonter. Heureusement, Didier avait zappé cette plongée (qu’il fera le lendemain matin avec nous) et il nous donne un coup de main pour nous permettre de sortir confortablement de l’eau. Et, je le remercie franchement quand il se propose pour remonter mes palmes et mon lestage.
Parce qu’il faut bien dire une chose : au bout de la troisième descente puis montée avec le bloc sur le dos, je commence à trouver que les Suisses ont une définition très personnelle du mot « facile ».
Peut-être parce qu’après ces plongées dans une rivière de montagne, 300 kilomètres ressentis de marches avec un bloc sur le dos et une journée passée entre le chaud et le froid, le soir au restaurant de la pension, mon cerveau finit par croire que la pizza Diavola est le sommet de la gastronomie italienne. Je me régale.

Pozzo del Posse ou Posse 1 : la plongée qui m’a définitivement conquise
Si l’on m’avait demandé, au début die ce séjour de plongée dans la Verzasca, quelle serait ma plongée préférée, je n’aurais pas su répondre.
Après le pont, j’étais persuadée d’avoir découvert l’essentiel. Puis Misura m’avait complètement émerveillée. Ensuite, Posse 2 avait encore placé la barre plus haut.
Je commençais à me demander si chaque plongée dans la Verzasca n’allait pas systématiquement surpasser la précédente.
Restait Pozzo del Posse ou Posse 1
Je n’en savais pas grand-chose et vu l’accès qui me donnait un peu le vertige, j’étais très moyennement motivée. Mais Thierry et Jean-Marie m’ont gentiment convaincue.
Après une descente relativement simple, mais pentue et longue sous le soleil, il faut franchir une série de rochers avant d’emprunter une échelle métallique fixée dans la paroi. Tout ça avec le bloc sur le dos.
Pour beaucoup de plongeurs, ce sera un détail. Pour moi, qui ai un léger vertige, je sens immédiatement une petite boule se former dans le ventre.
Je regarde le bas, puis l’échelle, puis de nouveau le bas.
Didier est resté en surface pour cette dernière plongée, alors il m’assure. Et ça passe.
Une fois les pieds sur l’échelle, tout va beaucoup mieux.
Comme souvent avec le vertige, c’est davantage l’idée du passage que le passage lui-même qui me bloque.
Je descends tranquillement. Et lorsque j’arrive au bord de l’eau… je suis ravie d’être là.
Le décor est magnifique. Une immense vasque d’eau transparente s’étend devant nous. La mise à l’eau est, cette fois, très simple.
Quelques pas avant de pénétrer cet univers et retrouver ce silence familier.


Plongée dans la Verzasca et tourbillonner sous les cascades
Je ne sais pas vraiment comment décrire cette plongée.
J’ai l’impression d’avoir passé une heure à jouer, à rire dans mon détendeur, à retrouver une âme d’enfant.
Nous remontons progressivement vers deux cascades.
Le courant est un peu plus présent à certains endroits alors nous nous plaçons derrière les énormes blocs pour être protégés. Puis nous repartons, traversons les remous et revenons.
À plusieurs reprises, nous nous laissons tourner doucement dans les mouvements d’eau. Impossible de ne pas sourire.

Photo : @Thierry Rolland
Ce n’est pas une plongée d’observation. Encore moins une où l’on coche une liste d’espèces (puisqu’il n’y en a quasi pas).
C’est une plongée où l’on profite simplement d’être là, sous ces montagnes, dans cette eau tourbillonnante. À jouer avec une rivière vieille de plusieurs milliers d’années.
Lorsque la fin de la plongée dans la Verzasca se profile, je traîne encore un peu sous l’eau. En surface, j’aperçois les baigneurs et j’imagine Didier assis sur la rive.
Je reste alors quelques secondes sans rien dire. Les autres font déjà surface. Moi, je regarde simplement la rivière. Je crois que je sais déjà que je reviendrais.
Certaines destinations vous plaisent et d’autres vous marquent. Plonger dans la Verzasca fait partie des expériences qui donnent envie de reprendre la route avant même de l’avoir quittée.
Alors je comprends soudain quelque chose : la Verzasca ne se visite pas, elle se vit.
Une lumière que je n’oublierai jamais
S’il fallait résumer la plongée dans la Verzasca en une seule image, ce ne seraient ni les cascades, ni les ponts, ni les immenses blocs de granit de gneiss dont la couleur claire permet de si belles images.
Mais sans doute la lumière qui joue avec tout ça, partout, soulignant les courbes des rochers en transformant les paysages, avec une douceur incroyable.
Deux plongées sur le même site peuvent donner l’impression d’avoir été réalisées dans deux endroits complètement différents.
Le matin. À midi. Sous un ciel couvert ou au contraire avec un grand soleil… la rivière change de visage en permanence.
Je comprends alors pourquoi certains plongeurs y reviennent tous les ans ; parce qu’ils savent que la rivière ne leur offrira jamais exactement le même spectacle.
Mais aussi la lumière de l’amitié. Celle qui transforme n’importe quelle immersion en souvenir impérissable. Celle qui réchauffe les cœurs et nous fait grandir… ensemble.

Ce qu’il faut savoir avant de plonger dans la Verzasca
Vous trouverez sans problème de nombreux conseils pour réaliser des plongées dans la Verzasca sur le web ou au travers de l’IA.
Voici les miens.
Le premier est sans doute le plus important : ne partez pas seul si vous découvrez la plongée dans la Verzasca pour la première fois
La rivière paraît paisible, mais elle peut franchement devenir très dangereuse.
Après de fortes pluies ou lors de la fonte des neiges, le débit augmente rapidement. Et des secteurs parfaitement accessibles un jour peuvent devenir impraticables le lendemain.
Connaître les mises à l’eau, les sorties et les éventuelles échappatoires est un véritable atout.
Si c’est votre première visite, faites-vous accompagner par quelqu’un qui connaît parfaitement les lieux ou par un guide local.
Deuxième conseil : ne sous-estimez pas les accès.
Les plongées sont peu profondes.
En revanche, les marches d’approche et de retour pour la plongée dans la Verzasca demandent une bonne condition physique… et des genoux solides.
Porter un bloc, une combinaison, le lest et parfois un appareil photo sur plusieurs centaines de mètres, souvent en montée et sous la chaleur estivale, est bien plus fatigant que la plongée elle-même.
Les plongées sont à dix mètres maximum. Les escaliers, eux, paraissent faire 800 mètres de haut.
Troisième conseil : choisissez votre matériel en fonction de la température de l’eau et non de celle de l’air.
Lorsque nous sommes venus, il faisait presque 30 °C en surface.
Pourtant, l’eau oscillait entre 17 et 20 °C selon les sites. Perso, en quatre jours, j’ai probablement eu plus chaud et plus froid que pendant tout le reste du mois de juin.
Malgré cela, j’étais très heureuse d’avoir choisi mon étanche.
J’ai eu chaud avant de me mettre à l’eau, mais je n’ai jamais eu froid pendant les immersions d’une heure.
Enfin, dernier conseil : Arrivez tôt, mais pas trop
Les parkings sont peu nombreux et la vallée est extrêmement fréquentée dès les beaux jours.
Les baigneurs, les randonneurs et les plongeurs se partagent les mêmes accès.
Une heure de différence peut suffire à trouver… ou non une place de stationnement.
Par contre, si vous arrivez trop tôt, vous risquez de faire votre plongée dans l’ombre, car la vallée est très encaissée.
Les parkings sont payants, sauf à la Misura.
Alors… est-ce que je retournerai plonger dans la Verzasca ?
La réponse est très simple : oui, sans la moindre hésitation.
Il me reste encore des sites de plongée à découvrir dans la Verzasca.
J’aimerais aussi revenir à un autre moment de l’année (un peu plus tôt ou un peu plus tard) pour voir comment la rivière change et comment la lumière évolue.
J’aimerais également plonger dans le lac situé un peu plus haut. Lors de notre séjour, l’eau était déjà trop chaude et les fameux blocs de glace qui font parfois la réputation de certaines plongées avaient disparu.
Ce sera une excellente excuse pour revenir vivre une nouvelle aventure entre amis et de retrouver le plaisir de plonger dans un environnement totalement différent de tout ce que j’avais connu jusqu’à présent.

Photo : @Thierry Rolland
Je repars avec des centaines de photos et vidéos et des paysages gravés dans ma mémoire. Et puis aussi, cette sensation très rare que connaissent parfois les plongeurs de savoir, dès la sortie de l’eau, que l’on reviendra.
Informations pratiques : plonger dans la Verzasca
Localisation
La rivière Verzasca se situe dans le canton du Tessin, au sud de la Suisse, à une trentaine de minutes de Locarno.
Où loger ?
Lors de notre séjour de plongée dans la Verzasca, nous avons séjourné à la Pension Posse.
Je ne peux que vous la recommander.
L’accueil y est chaleureux, les chambres confortables et les propriétaires connaissent parfaitement les plongeurs et les sites de plongée. La pension dispose d’un parking pour les clients et aussi de sa station de gonflage : deux vrais plus !
Et surtout… les pizzas sont absolument incroyables.
Je crois que je me souviendrai longtemps de leur Diavola.
Après plusieurs plongées et plusieurs centaines de mètres de dénivelé avec un bloc sur le dos, elle avait franchement le goût d’une récompense.
Ajoutez à cela une ambiance conviviale, des prix raisonnables pour la Suisse et un emplacement idéal pour rejoindre les principaux sites de plongée…
Franchement, difficile de demander mieux.
Niveau recommandé
La profondeur ne dépasse généralement pas 10 mètres, mais les accès parfois sportifs et le courant imposent d’être un plongeur/une plongeuse (très) à l’aise dans l’eau et en bonne condition physique.
Vie aquatique
Petite parenthèse. Si vous pensez venir plonger ici parce que vous aimez les poissons… vous risquez d’être un peu déçus. Les vedettes de la Verzasca ne nagent pas. Elles sont en pierre.
Vous verrez néanmoins quelques truites se jouant du courant.
Température de l’eau
Selon la saison et les secteurs, comptez généralement entre 13 et 20 °C. Une combinaison étanche ou une humide de 7 mm avec cagoule est vivement recommandée pour profiter pleinement des longues immersions. Et puis, de bons bottillons aussi.
Meilleure période
De la fin du printemps au début de l’automne, lorsque le débit est faible et la visibilité excellente. Évitez les périodes qui suivent de fortes pluies ou la fonte importante des neiges.
Les principaux sites
- Ponte dei Salti (Lavertezzo)
- Pozzo della Misura (“Missouri”)
- Posse 1
- Posse 2
- Le lac d’altitude
Chaque site possède son caractère. Si je ne devais en retenir qu’un… ce serait probablement Posse 2. Enfin… jusqu’à mon prochain voyage.
Je suis repartie de cette partie de la Suisse avec une seule certitude : la Verzasca est un magnifique site de plongée et un extraordinaire terrain de jeu.
En reprenant la route vers la Belgique, je repense à toutes les destinations extraordinaires que j’ai eu la chance de découvrir ces dernières années.
Pourtant, ces quelques jours en Suisse viennent de trouver leur place tout en haut de mes plus beaux souvenirs.
Comme quoi… il n’est pas toujours nécessaire de traverser la planète pour vivre une plongée inoubliable.
Il suffit parfois d’une rivière, de quelques amis et d’une lumière capable de transformer des rochers en véritable œuvre d’art.
Vous connaissez la plongée dans la Verzasca ? Ça vous tente ?
Dites-moi ça en commentaire
Et surtout… pensez à être heureux/heureuse sous l’eau et en surface aussi 😊
Hélène
Merci à Thierry Rolland de m’avoir permis de partager les photos prises lors de ce séjour. Je vous invite à aller découvrir son forum de passionnés de photos sous-marines.




