Plonger à Raja Ampat

Plonger à Raja Ampat représente un peu le Saint-Graal de la plongée sous-marine. J’avais envie depuis un bon moment de découvrir cette destination de plongée. Aussi ai-je saisi l’occasion dès qu’elle s’est présentée.

Le voyage fut programmé et booké un an et demi à l’avance. C’est que, les places sont chères (en prix et en possibilités) pour ceux et celles qui rêvent de découvrir ce sanctuaire de la plongée sous-marine.

C’est la formule de la croisière qui fut privilégiée lorsque Laure, de la Nérée Diving Team, m’annonça qu’elle organisait ce voyage d’exception. J’espérais voir des raies mantas et des nudibranches de toutes sortes. Je n’allais pas être déçue.

Résumé de l’expérience en images

Merci aux participants de la croisière pour ce moment partagé ensemble : Didier, Laure, Victor, Didier, Michel, Marie-Laure, Sophie, Béatrice, Catherine, Annie, Michel, Isabelle, Pascal, Alain et Jules. Quelle belle équipe 🥰

Un voyage long très long

Autant être honnête le voyage pour se rendre à Raja Ampat est long, vraiment long. Il faut dire que Raja Ampat est un ensemble d’îles situées dans la région de Papouasie Occidentale dans l’est de l’Indonésie. Une destination de plongée juste incroyable.

Après quelques heures de vol, une première étape à Dubaï nous oblige à patienter dans l’aéroport avant de nous envoler pour Jakarta. C’est là où les choses se corsent. Arrivés à Jakarta, pas d’autres possibilités que celles de faire une étape (ce que nous aurions peut-être dû faire) ou d’attendre 6 heures la correspondance pour Sorong (ce que nous avons fait).

Au départ de Bruxelles il nous a fallut 32 heures pour atteindre Sorong, ville d’où notre bateau partira pour une croisière de 10 jours inoubliables. 10 merveilleuses journées pour plonger à Raja Ampat.

Hélène Adam dans l'aéroport de Jakarta.

Plonger à Raja Ampat : une croisière au paradis

Le Nord et mes premières surprenantes rencontres

L’itinéraire de notre croisière de plongée commence par les spots du Nord.
Lors de notre toute première immersion sur le site de plongée de Moiskon, nous serons accueillis par un banc immense de perroquet à bosse. Peu craintifs, les poissons nous observent et passent paisiblement près de nous. Plus loin, Pep notre guide et responsable de la plongée sur le bateau me fait signe de venir voir. Il me montre quelque chose. Oui mais quoi ?

Je regarde mais rien. Il insiste et soudain je l’aperçois, ce tout petit, ce minuscule, ce microscopique hippocampe pygmée.

Alors c’est donc pour cette incroyable mini créature que les plongeurs parcourent de milliers de kilomètres pour plonger à Raja Ampat ? C’est tout à fait surréaliste mais magnifique.

Hippocampe pygmée aperçu en allant plonger à Raja Ampat.
© PEP Girona

Avec Laure, durant le reste de la croisière, nous essayons d’en repérer par nous-mêmes. Mais nos yeux encore trop peu aguerris n’y arrivent pas. Qu’importe, nous reviendrons.

Plus loin une seiche pond tranquillement dans le corail de feu… la nature ne semble pas dérangée par notre présence, un régal.

Une seiche occupée à déposer ses oeufs dans du corail de feu à Raja Ampat.
Rubicond…

La seconde plongée nous amène sur le site de Blue Magic. Zut, je râle un peu car mon appareil photo ne veut pas démarrer. Tant pis, j’en profiterai pour me laisser ressentir l’ambiance extraordinaire de ce monde sous-marin du bout du monde. Car plonger à Raja Ampat est dans mon esprit le summum de la plongée.

Nous évoluons sur un joli tombant où la vie sous-marine est présente à foison. Après quelques minutes d’immersions, notre guide nous propose de remonter sur un plateau à une vingtaine de mètres. Nous savons qu’il cherche les requins guitares ou rubicons alors nous regardons un peu partout.

Il contourne une roche et soudain le voilà tapi contre le fond. L’animal placide nous laisse l’observer sans bouger. Je me dis (à tort) que je photographierai un autre lors d’une prochaine plongée sans savoir que c’est le seul que nous verrons du séjour.

… et raie manta

Soudain, le guide me fait signe de regarder au-dessus de ma tête. Une ombre immense me surplombe : une raie manta gigantesque.

La visibilité est moyenne sur ce site. Je donne quelques coups de palmes pour me rapprocher et vois une autre palanquée qui attend elle aussi le retour de cette impressionnante raie. Mon guide nous fait signe de le suivre plus loin. Je suis un peu déçue car je vois les autres palanquées rester à l’endroit même dans l’attente de l’animal majestueux.

Mais le dive master connait ces immenses créatures marines. Il sait les meilleures manières de plonger à Raja Ampat. Aussi, il s’éloigne, nous demande de nous mettre proche du fond et regarde droit devant lui. Alors elle apparait magnifique.
La raie manta fera plusieurs aller et retour, nous frôlant presque de ses énormes ailes. Je n’en peux plus de toute cette joie qui m’envahit. J’ai tout le mal du monde à décoller vers la surface quand mon ordinateur m’informe que ma réserve de gaz diminue drastiquement.
J’avais déjà eu la chance de voir une raie manta (beaucoup plus petite) lors d’un voyage à la passe sud de Mayotte. Mais là c’est extraordinaire. Nous entamons la remontée et, petit à petit, le ballet incessant de la raie manta se fait ombre.

Quelle expérience unique !

Une raie manta immense en Indonésie.

D’autres plongées s’enchaineront dans la partie Nord de Raja Ampat dont une plongée de nuit magnifique et une immersion à la rencontre des skeletton fish, ces minuscules animaux quasi invisibles à l’oeil nu.

Avant de quitter le Nord, nous faisons un stop au site bien connu de Wayag pour admirer la vue et naviguer autour des éperons rocheux de cet endroit hors du commun. Le soir, c’est en mode “pirates” que nous ferons route vers le sud.

Hélène Adam en mode pirate en Indonésie.

Plonger à Raja Ampat : les époustouflants sites du sud

Bien que les premières plongées furent incroyables au Nord, ce sont les sites du Sud qui ont largement eu ma préférence.

Des spots de plongées où l’on se retrouvent seuls. Une eau chaude. Une visibilité excellente. De la vie à foison : raies mantas, immenses bancs de raies mobulas, requins gris, perroquets à bosse, dauphins, requin léopard, tortue, poulpes, serpent de mer… Mais aussi nudibranches, poissons multicolores et les fameux hippocampes pygmées de différentes variétés et couleurs.

Manta Shrimp à Raja Ampat.
© PEP Girona

4 photos magnifiques de Pep Girona

Des plongeurs évoluent dans les eaux chaudes de Raja Ampat.

Les animaux marins me paraissent peu craintifs et c’est très bien. Ici, dans ce parc naturel, qu’ont-ils à craindre de nous ? Pas grand chose.

Ils évoluent dans un environnement impressionnant : tombants vertigineux, plateaux de coraux immenses et colorés… Mais la palme pour moi revient à ces immenses bancs de poissons qui vous entourent et s’enroulent autour de vous. Impossible d’en voir la fin. Sur le site de plongée de Candy Store, je ne pouvais plus bouger tellement j’étais en admiration.

A Raja Ampat, j’ai testé pour la première fois la plongée au hook. Mais également ces tourbillons qui, soudain, nous aspirent tantôt vers le haut tantôt vers le bas à une vitesse impressionnante. Mieux vaut savoir bien maitriser sa flottabilité et être prudent pour les éviter.

Sur le bateau, l’ambiance est excellente et l’équipage aux petits soins. Entre rire, repos et immersions, la croisière de plongée se déroule passionnante. Le soir, Pep nous fait des mini-conférences sur la biodiversité, les espèces endémiques et la façon de les observer où encore sur la protection des éco-systèmes.

Le dernier soir, nous reprenons la route vers Sorong où nous dormirons. Mais avant, une photo de groupe s’impose dans la bonne humeur générale. C’est qu’une croisière de plongée forcément, ça soude les participants.

Ambiance de fin de séjour en Indonésie
© PEP Girona

Plonger à Raja Ampat : détails pratiques

Climat

Bonne nouvelle. Il fait beau toute l’année à Raja Ampat. Une eau à 28°C et une température extérieure avoisinant les 30°C. Sortez t-shirts et autres paréos, vous allez être bien.

Période pour plongée

Question plongée, la saison optimale s’étale d’octobre à avril. Pas qu’il fasse meilleur non. Mais traditionnellement il y a moins de vent et donc plus de possibilités d’aller faire les spots du Sud. Ceci étant dit, lors de mon séjour en novembre nous avons du renoncer à l’une ou l’autre plongées et nous rabattre ailleurs car la houle et le vent ne permettaient pas au bateau d’atteindre son objectif en toute sécurité. Dans ce cas là, mieux vaut renoncer.

S’y rendre

Raja Ampat est une destination qui se mérite : c’est long, c’est cher, ça demande de s’y prendre bien à l’avance

Parce qu’elle en avait longuement parlé sur son blog, Corinne avait réussi à me donner envie de me rendre dans ce petit coin de paradis en Papouasie pour plonger à Raja Ampat. Je vous invite dès lors a consulter son blog de spécialiste pour devenir incollable sur cette destination et plus spécialement cet article qui vous dira tout sur Raja Ampat.

Des écosystèmes fragiles

Cette destination, peut-être plus qu’ailleurs, nous laisse être les témoins de la beauté sans limite des fonds-marins. Mais ces éco-systèmes sont en danger en raison de la pollution et de la dégradation générale des océans.

Bien entendu en voyageant jusque là nous participons à cette dégradation. De même en empruntant ces gros bateaux de croisière polluant. peut-être est-il préférable de choisir une solution de vacances “à terre” et de privilégier des voyages longs plutôt que nombreux. Ce sera inévitablement ma réflexion pour un prochain séjour en Indonésie.

Plonger à Raja Ampat est une expérience époustouflante. Vous y avez déjà été ? C’est dans votre TO DIVE LIST ?

Dites-moi cela en commentaire directement ci-dessous.

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène

Merci à © PEP Girona pour les magnifiques photos (identifiées dans l’article) et le film réalisé durant la croisière.