Des plongeurs avec leur moniteur de plongée

Changer de binôme

Pour le fun, j’ai publié un reel sur Instagram : « Comment choisissez-vous vos binômes ? »
Parce que oui, si certains plongent toujours en couple, en famille ou avec leur binôme « de cœur », beaucoup d’autres doivent changer de binôme à presque chaque immersion.

Par choix, contrainte, hasard ou parce que « c’est comme ça ici ».

Et ça peut être vraiment super chouette
Ou… franchement nettement plus compliqué.

Je vous explique et je vous donne mon guide de l’anti-flip avec ses binômes

Pourquoi changer de binôme ?

En réalité, vous n’avez pas toujours le choix. Cela peut être parce que vous vivez avec un non-plongeur ou une non-plongeuse. Parce que dans votre club on insiste pour que vous variiez les binômes (c’est une bonne chose vous allez voir pourquoi plus bas). Ou encore parce que vous n’avez pas encore trouvé ce binôme avec qui vous avez envie de partager un max de moments sous l’eau.

Pourquoi ça peut être une bonne chose

Commençons par ce qui fait du bien :
changer de buddy peut être extraordinairement enrichissant.
(Si, je vous assure que c’est vrai !)

Multiplier les rencontres

Chaque plongeur a son histoire, ses habitudes, son rythme, ses petites manies.
Partager l’eau avec de nouvelles personnes, c’est :

  • découvrir d’autres façons de communiquer,
  • observer de nouvelles techniques,
  • rencontrer des passionnés,
  • agrandir sa « famille de bulles ».

Certaines amitiés sous-marines naissent comme ça, au hasard d’une palanquée.

Augmenter son expérience

Changer de binôme oblige à :

  • s’adapter,
  • être attentif,
  • observer,
  • comprendre l’autre,
  • clarifier son propre style.

Et l’adaptation fait partie des compétences les plus précieuses en plongée.
On apprend autant des plongeurs prudents que des contemplatifs, des rapides, des photographes, des bavards, des silencieux, des débutants, des experts… 

Chaque binôme élargit votre palette. Tous les profils de plongeurs sont intéressants.

LIRE AUSSI | Les 9 Pires Profils D’instructeurs De Plongée… Et Comment Vous Pouvez Les Éviter

Sortir de sa bulle (sans jeu de mots)

On a tous tendance à s’enfermer dans un certain confort : même personne, même manière, même routine. 

Changer de buddy, c’est apprendre à se raccorder.
Et parfois, ça fait du bien.

Ces plongeurs évoluant dans la faille de Silfra sont surpris par les nuances de bleu qui sont presque transparent.

… Mais soyons honnêtes : ce n’est pas toujours un cadeau

Parce que dans la vraie vie, changer de binôme n’est pas toujours simple. Et quand lors d’une croisière sur des sites isolés et magnifiques on vous met avec un binôme dont personne ne veut. Ça peut franchement virer au cauchemar.

Parfois, on tombe sur quelqu’un qui plonge… différemment

Ni « mal » ni « dangereusement ». Différemment.
Et ce décalage est vraiment épuisant, quand il n’est pas tout simplement agaçant.

  • Rythme trop/pas assez rapide
  • Navigation approximative ou super carré
  • Flottabilité hasardeuse
  • Manque de communication
  • Tendance à s’éloigner ou à rester collé comme des sardines
  • Obsession pour un poisson pendant que vous, vous voulez juste… respirer

Parfois, il faut assister au lieu de profiter

Vous aviez imaginé une plongée lente, contemplative.
Vous vous retrouvez à faire :

  • signaux
  • corrections
  • vérifications
  • surveillance constante

Et au lieu d’être « dans l’eau », vous êtes « dans la gestion ».

Parfois, c’est potentiellement dangereux

Parce que oui : un binôme désynchronisé peut créer des situations tendues.

Des moments juste suffisamment stressants pour sortir du plaisir.

Et la plongée, même dans sa version la plus fun, n’aime pas le stress inutile.

Alors… comment gérer les changements de binôme qui tournent en buddy flip sans y laisser son plaisir ?

Bonne nouvelle :
il existe des solutions simples, efficaces, concrètes.

Voici le guide des bonnes pratiques si vous changez régulièrement de binôme, volontairement ou pas.

1. Dire clairement ses limites (et ne pas s’en excuser)

C’est probablement le point le plus important.

Dire :

  • « Je préfère une plongée lente. »
  • « Je n’ai pas envie de dépasser 20 mètres aujourd’hui. »
  • « J’ai besoin d’un peu de temps à la descente. »
  • « Je veux garder un contact visuel constant. »

Ce n’est pas être « compliqué ».
C’est être responsable et ça va faire de vous un plongeur autonome et pas indéfiniment infantilisé.

Communiquer vos limites, c’est aussi permettre à l’autre de plonger en confiance.

Et si elles ne conviennent pas ?
Alors ce n’est pas le bon binôme pour cette plongée-là.
Et ce n’est pas grave.

Discutez-en avec le directeur de plongée ou le responsable de la sortie et trouvez une solution. Parce que vous êtes là pour vous faire plaisir vous aussi.

2. Énoncer ses attentes (même si ça vous paraît évident)

On imagine souvent que tout le monde « fonctionne comme nous ».

Spoil : non.

Votre binôme ne peut pas deviner si vous :

Le dire change tout.
Et ça évite 80 % des frustrations.

3. Vérifier le niveau réel pour la plongée prévue

Je ne parle pas seulement du niveau certifié. Mais bien du niveau du jour.

Demandez :

  • « Tu as combien de plongées récemment ? »
  • « Tu es à l’aise avec ce type de relief ? »
  • « Tu connais les courants ici ? »
  • « Tu veux qu’on face une plongée tranquille pour cette première palanquée ensemble ? »

Si vous pensez que la personne n’est pas prête pour la plongée prévue, ce n’est pas à vous de gérer ça seul.

C’est à nouveau au directeur de plongée (ou à l’organisateur) de proposer une alternative.

La plongée est un loisir. Pas un examen d’entrée dans un club.

4. Toujours, TOUJOURS faire un briefing de palanquée

Même si un briefing général a eu lieu. Si « on connaît le site par cœur ». Ou si « ça va, on verra sous l’eau ».

Un bon micro-briefing entre deux plongeurs, c’est revoir ensemble

  • la profondeur max 
  • le temps visé 
  • la vitesse de palmage 
  • le type d’exploration prévu 
  • les signes importants 
  • qui gère la navigation 
  • qui filme 
  • la distance de confort

5 minutes de discussion = 50 minutes de tranquillité sous l’eau.

Par ici pour toutes les règles d’un bon briefing en 5 minutes

Des plongeurs s'apprêtent à s'immerger dans un plan d'eau après avoir changer de binômes.

5. Effectuer un buddy check complet

Oui, complet.
Pas se contenter de : « Ça va ? Ça va. Allez. »

C’est vraiment un point HYPER important qui est souvent zappé. Au contraire je connais des plongeurs qui ne laissent jamais passer cette étape, même en plongeant ensemble sur toutes les plongées.

Voici en résumé ce qu’il faut vérifier :

  • bloc ouvert
  • pression
  • direct-system et purges
  • masque
  • lestage
  • détendeur principal et octopus
  • ordinateur
  • Accessoires : lampes, cisailles, parachute de palier…

Parce que, surprise : la plupart des soucis sous l’eau sont évitables… en surface.

Jetez un œil sur cet article consacré au buddy check

6. Respecter votre rythme ET celui de votre binôme

La plongée, c’est un échange. Pas un rapport de force.

Vous n’avez pas à « tirer » l’autre ni à « suivre à tout prix ».

Le rythme se discute et s’ajuste.

Un binôme, ce n’est pas deux plongeurs côte à côte.
C’est plutôt deux rythmes qui acceptent aussi de se rencontrer, d’évoluer ensemble.

7. Communiquer (vraiment)

Pas nécessairement juste faire le signe OK quand tout va bien.

Mais également :

  • regarder souvent l’autre
  • ralentir s’il ralentit
  • le rassurer s’il semble stressé
  • vérifier la consommation de chacun de temps en temps
  • signaler une envie de s’arrêter
  • prévenir d’un changement de direction

Le silence sous-marin n’exclut pas la conversation.
Bien au contraire.

**Changer de binôme : une contrainte ?

Ou une compétence sous-estimée ?**

Dans l’idéal, on plongerait toujours avec la même personne. Mais dans la réalité… ce n’est pas toujours possible.

Le buddy flip fait partie de la vie du plongeur. Et ce n’est pas une mauvaise chose.

Changer de binôme, vous permet aussi de :

  • apprendre à vous adapter,
  • développer votre sens de l’observation,
  • devenir plus autonome,
  • affiner votre jugement,
  • renforcer votre confiance.

Et parfois, soyons honnêtes, c’est l’occasion de vivre une super plongée avec quelqu’un qu’on n’aurait jamais rencontré autrement.

Parce que sous l’eau, les meilleures histoires commencent souvent par un « Tu plonges avec moi ? »

5 points sécurité à ne jamais négliger

Même lorsque l’objectif est simplement de profiter de la plongée, la sécurité reste votre meilleur allié plaisir. Un changement de binôme est un moment clé pour rester attentif à quelques règles simples mais essentielles :

  1. Vérifier la compatibilité des profils : assurez-vous que votre binôme est à l’aise avec la profondeur, les conditions du jour et l’itinéraire prévu. Un binôme mal préparé augmente le stress et diminue la sécurité.
  2. Toujours faire un vrai buddy check : le contrôle croisé évite la majorité des incidents bénins… qui peuvent devenir sérieux sous l’eau. Ne zappez jamais cette étape, même après 500 plongées.
  3. Clarifier la communication : convenir des signes essentiels, de la distance confortable et de la vitesse de palmage. La synchronisation commence avant la mise à l’eau.
  4. Revoyez un plan simple en cas de séparation : décidez ensemble de la durée d’attente maximum et de la procédure de remontée. Une règle claire = un stress en moins.
  5. Prioriser la sécurité, pas l’ego : si vous ne vous sentez pas aligné avec un binôme, parlez-en au directeur de plongée. Changer de buddy, c’est OK. La confiance et la sécurité passent avant tout.
Les plus beaux récits de plongée commencent d'abord par des expériences avec ses binômes

Mon expérience

Je suis arrivée dans le monde de la plongée sans rien connaître de ce milieu ni personne. J’ai juste pris mon téléphone et rejoins le club du coin (je vous raconte cela dans cet article). J’ai appris à plonger avec tous les gens du club. Je ne choisissais pas mes binômes, mais j’aimais toutes mes plongées.

Ce serait mentir que de vous dire que tout s’est toujours bien passé. 
J’ai eu droit à des binômes parfois vraiment étranges

  • Celui qui arrive le matin sur le site pour une plongée à -40 m et qui me dit « j’ai oublié de regonfler ma bouteille, mais t’inquiète, il me reste 90 bars » : j’ai changé de binôme.
  • Celle qui pensait qu’elle faisait un sprint : je l’ai laissée partir et elle finissait toujours par revenir sur ses pas.
  • Celui qui se croyait à l’armée : j’ai sorti ma panoplie complète de la plongeuse peace and love et il s’est adouci.
  • Celle avec qui j’ai fait plein de bêtises sous l’eau (et en surface aussi)

Mais aussi ceux et celles qui étaient drôles, sont devenus des amis, étaient vachement expérimentés… et même celui que j’ai fini par épouser ❤️

Bien sûr, c’est plus confortable aujourd’hui parce que je plonge la plupart du temps avec mon amoureux.
Mais tous ces binômes différents durant des années m’ont appris beaucoup sur moi, sur ma façon de plonger et sur ce vers quoi je voulais aller.

Conclusion

Changer de binôme peut être :

  • un plaisir,
  • une galère,
  • un apprentissage,
  • une surprise,
  • un stress,
  • un défi.

Mais dans tous les cas, c’est un moment ensemble qui se prépare.

La plongée est un sport merveilleux.

Un bon binôme ne se devine pas toujours au premier coup d’oeil.
Le rapport se construit, même s’il arrive à la dernière minute.

Changer de binôme, vous en pensez quoi ?

Et vous, vous changez souvent de buddy ?
Vous avez vécu des palanquées improbables ?
Des rencontres sous-marines géniales ?
Ou des expériences qui vous ont appris à poser vos limites ?

Dites-moi cela en commentaire de ce post

Et surtout… continuez d’être HEUREUX/HEUREUSE en plongée, et en surface aussi 😊

Hélène