Une réforme de la plongée loisir en France est-elle en marche ?

Le débat sur l’ouverture de l’exercice du métier de moniteur de plongée loisir en France aux moniteurs brevetés par des organismes de plongée américaines (PADI, NAUI, SSI,…) fait rage depuis plusieurs mois en Polynésie. Les défenseurs du brevet d’Etat voyant dans cette possibilité une brèche pouvant donner des idées aux autres territoires français d’Outremer ou plus proches.

Pour un regard extérieur, rattaché à aucune fédération et/ou organisme de plongée française ni américaine, ce débat semble issu d’une seule exception culturelle et/ou historique, sans plus vraiment de fondement actuel si ce n’est le code du sport faisant office de loi, et pose dès lors question en ce qui concerne sa pertinence en 2017.

Les arguments de sécurité, de qualité de formation, … parfois évoqués ne pouvant nullement expliquer pourquoi ils ne seraient valables que pour le seul monde professionnel et ne toucheraient en rien le monde associatif de la plongée qui représente de très nombreux licenciés.

Aujourd’hui pourtant, un changement semble se dessiner, une petite ouverture dans le monde de la plongée en France qui vient de s’opérer là-bas, dans ces îles du bout du monde.

En effet, le 9 novembre dernier, à une large majorité, l’Assemblée de la Polynésie a adopté une loi modifiant les conditions d’exercice du métier de moniteur de plongée loisir.

Loi visant à faciliter l’accès à la profession des Polynésiens (et la création d’emploi pour les locaux !) qui jusqu’ici devait se rendre en métropole pour y effectuer une formation de plongée longue et coûteuse.

Si le ministère des sports et la Direction de la Jeunesse et des Sports avaient déjà validé en octobre les mentions de guide d’activité lagonaire et de guide de plongée subaquatique, cette loi semble être une réelle avancée dans le monde des professionnels de la plongée sous-marine même si ces mêmes professionnels attendent encore la publication des arrêtés.

Quoiqu’il en soit, le processus de changement dans le monde de la plongée en Polynésie est acté et en marche.

Reste à attendre les applications pratiques de cette nouvelle loi qui auront très probablement une incidence sur les milliers de plongées effectuées en Polynésie en grande majorité par des touristes brevetés auprès de filières de plongée internationales.

Un des objectifs avoué de la Polynésie étant de rebooster un tourisme en diminution ces dernières années en collant au plus près à la réalité des attentes des touristes (américains, du Pacifique, asiatiques et européens) qui ne sont pas intéressés par des certifications de plongée françaises.

Alors que ce changement apportera probablement une vraie solution aux polynésiens voulant travailler dans le monde de la plongée, il représente également l’espoir d’une évolution du code du sport pour des milliers de français ou venus d’ailleurs formés à l’enseignement de la plongée, tout autour du monde et voulant travailler sur le territoire français.

Bien que ceux qui ont investi du temps (et de l’argent) dans leur formation voudront peut-être s’y opposer, … la question d’une ouverture du marché aux organisations de plongée étrangères à la France risque bien légitimement de se poser pour le reste de l’ensemble des territoires français.

La réforme du monde de la plongée pourrait-elle naitre de l’ouverture, d’une brèche, venue des îles du lointain Pacifique ?

Affaire à suivre…

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Hélène

Vous voulez plus de renseignements sur la situation des moniteurs et instructeurs de plongée en Polynésie ? L’article Polynésie : recul critique sur la situation qui bouleverse le milieu français de la plongée sous-marine… et le reste du monde continue de plonger  va vous plaire 😉