Plongée et grossesse 

Dans la série « plongée au féminin », si nous parlions de plongée et grossesse ?

Été 1994, Nathalie effectue un voyage de plongée avec son club en Bretagne. La mer secoue un peu. Sur le retour au port le dernier jour, elle ne se sent pas trop bien. Un mal de mer terrible qui la fait vomir, elle qui n’est pas sensible à cela habituellement. Deux semaines plus tard, ne voyant pas ses règles arriver (elles sont irrégulières), elle fait un test. Résultat positif. La visite chez le spécialiste indiquera que Nathalie est enceinte de 3 mois… des jumeaux !
Aujourd’hui, les enfants sont grands. Ils vont bien, merci.

Hiver 2015, Laurence se met à l’eau dans une gravière du Nord. Ce matin elle se sentait en pleine forme alors, elle décide de plonger profond. Comme les conditions météo sont bonnes, elle recommence deux fois cette semaine-là. 
Le vendredi, visite de contrôle chez le gynécologue. Elle apprend qu’elle est enceinte… mais qu’il s’agit d’un « œuf blanc ». Le fœtus ayant stoppé sa croissance. Laurence est atterrée. Elle ne saura jamais si le fait d’avoir plongé profond plusieurs fois a stoppé sa grossesse ou s’il s’agit d’un hasard.

Un jour, un gynécologue me disait très sérieusement que pour lui, toute femme en âge de procréer était par défaut potentiellement enceinte. Soyons vigilantes.

Bien entendu, pour les femmes qui pratiquent la plongée, le risque d’être enceinte doit être correctement évalué.
Pour bien comprendre les implications de la plongée pendant la grossesse, j’ai demandé à Stéphanie, plongeuse, gynécologue-obstétricienne et médecin hyperbare les éclaircissements nécessaires.

Plongée et grossesse : l’absence d’étude

Il faut savoir que concernant la plongée et la grossesse aucune étude n’a été effectuée sur des femmes. Évidemment, il est aisé de comprendre que personne ne se risquerait à faire de telles expérimentations !

Cependant, certaines données sont disponibles, car des études ont été réalisées sur les animaux. De même, d’autres résultats sont obtenus au départ d’observations accidentelles, telles que celles de Laurence et Nathalie.

Alors, quels sont les risques de la plongée pendant la grossesse chez la mère et le fœtus ?

Du côté de la mère :

Tout d’abord, il faut savoir que la grossesse agit à des niveaux que l’on ne soupçonne pas toujours… même si nous sommes des femmes. C’est le cas de la sphère ORL
En effet, la grossesse peut provoquer, par exemple, une difficulté d’équilibration et donc un risque de barotraumatisme.

Un autre élément à prendre en compte est que la grossesse diminue la capacité à l’effort.
Mais également la capacité respiratoire, importante en plongée sous-marine.

Plonger en étant enceinte nécessiterait aussi d’adapter son matériel de plongée notamment au niveau de la combinaison et du gilet de plongée.

Enfin il faut noter que la grossesse provoque des soucis digestifs comme des nausées, des vomissements, des reflux, etc.

Au niveau du fœtus :

En ce qui concerne le fœtus, l’idée de plonger est une vraie mauvaise idée.
En effet, le fœtus se développe dans un milieu pauvre en oxygène. L’exposition hyperoxique durant la plongée n’est donc pas favorable pour lui.

De plus, en cas d’accident de plongée, le risque d’embolie gazeuse au niveau du tissu fœtal est la règle.

Les études sur les animaux montrent différents effets de la compression durant la grossesse sur le fœtus :

  • Des malformations du fœtus liées à l’hyperoxie
  • Un retard de croissance
  • Des décès in utero
  • Des fausses couches

Nous pouvons retenir de cela qu’une exposition ponctuelle à la compression donne un risque théorique de malformation, de retard de croissance, etc.

Mieux vaut donc clairement s’abstenir dès le début !

À découvrir : la prévention des accidents en plongée sous-marine

Pourquoi il faut éviter de plonger même en piscine ?

Tout d’abord, il faut rappeler les différentes contre-indications à la pratique de la plongée en étant enceinte énoncées plus haut :  gêne ORL, difficultés pour trouver des équipements, nausées…

Cependant, d’un point de vue de la compression/décompression, quasi nulle en piscine, nous pourrions penser que la plongée durant la grossesse pourrait y être autorisée.  

Stéphanie pointe deux raisons principales pour lesquelles elle pense qu’il vaut mieux ne pas plonger en piscine pendant la grossesse :

– D’une part, pour l’exemple. En effet, ce n’est pas un bon signal par exemple qu’une monitrice plonge alors qu’elle est enceinte. Cela quand on sait que l’on déconseille la plongée aux femmes enceintes. Cela vaut même en piscine !

– D’autre part, permettre aux femmes enceintes de plonger en piscine, même si le risque d’accident de plongée est très faible, pose la question des limites. Où va-t-on s’arrêter pour fixer la règle ?

Quelles sont vos expériences ? Que pensez vous de la plongée pendant la grossesse ?

Racontez-nous cela dans un commentaire ci-dessous

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureuse/heureux 🤗

Hélène

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