Plongée en sidemount

Cela faisait quelque temps que j’avais envie de tester la plongée sidemount. 
Si plusieurs personnes m’avaient offert de m’initier à cette forme particulière de configuration en plongée (merci 🥰), l’occasion ne s’était pas encore présentée de manière concrète. Ce qui se rapprochait le plus étant mon test du recycleur Horizon. Mais pas encore de la plongée en sidemount en circuit ouvert.

Aussi, lorsque les conditions ont été réunies et que mon ami photographe Laurent Miroult m’a proposé d’essayer la plongée en sidemount, j’ai sauté sur l’opportunité.

Nous nous rendons donc sur un site de plongée dans les carrières froides de Belgique un matin du mois de mai. Il fait 4°C, mais le soleil est annoncé et nous sommes contents d’être là. 

Le livre Plongée sous-marine L'Essentiel Different Dive.

J’avais demandé pour l’occasion à mon binôme de prendre une Go pro, car je souhaitais me concentrer pleinement sur l’expérience. Arrivés sur site, nous nous rendons compte que Laurent a prévu de nous faire essayer à moi et à Didier. Qu’importe les photos, nous allons tester le sidemount et moi, ça me rend heureuse.

Comme je n’avais pas d’image, j’avais renoncé à écrire un article de retour d’expérience. Mais je n’ai pas résisté. Vous allez devoir lire… et imaginer.

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Premières explications

Laurent prévient tout de suite : « je ne suis pas moniteur, je vous partage juste ce que je fais habituellement et les conseils qui m’ont été donnés lors de mes formations. »

Moi je suis surtout toute ravie de pouvoir me replacer pour une fois dans une situation d’apprentissage. Tout va aller comme sur des roulettes, j’en suis convaincue.

Aussi, nous convenons de faire une plongée à maximum -20 m et de nous concentrer sur la position, les sensations, les changements de détendeurs, la fermeture et ouverture des bouteilles…

Notre guide du jour nous explique les particularités du matériel et s’assure que les réglages de sangles et autre lestage sont corrects. Il nous précise aussi qu’il faut veiller à respirer 30 bars sur une bouteille et puis 30 bars sur l’autre. OK, je peux faire ça. En vrai, les explications sont assez simples.

Point de vue matériel, je plongerais avec la stab de Rob Neto (un pro de ce type de plongée) lorsqu’il vient plonger dans nos contrées. La classe !
Deux petites bouteilles en acier de 7 litres gonflées à 300 bars compléteront l’équipement. 
Un stock de gaz de plus de 4000 litres si les bouteilles sont réellement à 300 bars. Un peu moins si elles sont moins gonflées. Mais un stock de toute manière plus important en comparaison à ma bouteille de 15 litres à 220 bars (3300 litres).

Laurent nous prévient que nous risquons d’avoir l’impression d’être mis en avant avec la plongée en sidemount. Je note cela quelque part dans un coin de ma tête.

Préparation… de la plongée en sidemount

C’est une des raisons pour laquelle je voulais m’initier au sidemount : les charges 
Ici, c’est tout pratique. J’amène les deux bouteilles légères au bord de l’eau.

Après m’être équipée, j’enfile le gilet adapté et arrive tranquillement dans l’eau, sans effort.
Il faut dire qu’habituellement je suis plutôt du genre à rejoindre rapidement l’eau pour ne plus sentir le poids de mon matériel. Car en étanche avec un bloc de 15 litres et le lestage nécessaire à l’immersion et au confort thermique, ça pèse !

Ensuite vient le moment de positionner les bouteilles pour la plongée en sidemount. Bon ça se corse un peu parce que nous avons nos gros gants étanches. Mais ce n’est pas vraiment compliqué (dixit la fille qui avait accroché ses blocs aux mauvais crochets à l’arrière #jaipaslesyeuxdansledos ).

Le matériel n’est pas tout à fait adapté notamment le flexible pour mon étanche qui est trop court au regard de la place de l’inflateur de l’étanche et déséquilibre un peu la position du bloc. On fera avec.

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Mise à l’eau

Dès la mise à l’eau c’est WAOUH !

J’ai cette agréable sensation de flotter (ce qui est le cas) et d’être légère. Pas engoncée dans mon matériel habituel… libre. Pas d’impression non plus d’être mise en avant.

Nous démontrons à Laurent que nous pouvons facilement changer de détendeur et proposer le long Hose (un détendeur avec un long flexible) à notre binôme. J’adore être élève.

Et puis c’est parti pour une immersion d’une heure.

Évidemment, je m’amuse à faire des cabrioles. À me tourner et retourner. Je m’attendais à basculer d’un côté et de l’autre, mais c’est tout le contraire qui se produit. Les mouvements sont fluides, la flottabilité naturelle. Je peux pivoter sur moi-même à l’horizontale sans me sentir déséquilibrée le moins du monde. Je n’ai pas non plus la sensation d’être projetée vers l’avant.
En passant sous des obstacles je ressens cependant que mes pieds sont légèrement plus haut que d’habitude.

Je ne vois pas ma position dans l’eau, mais j’observe que Didier et Laurent sont tout à fait horizontaux. Après coup Laurent me dira que même si ma position était plutôt bonne, je n’avais pas le trim parfait. Il pense que le matériel, pas totalement adapté, et à la manière peu académique d’avoir fixé le lestage à l’arrière (heureusement il n’y a pas de photo) en sont les principales raisons. Chouette, il va falloir recommencer.

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Fin d’immersion

Il faut mettre fin à cette expérience. Nous faisons surface, détachons nos blocs et remontons légers vers les véhicules. Une fois déséquipés, nous retournons chercher les bouteilles au bord de l’eau. Rien de lourd, rien du tout, j’adore !

En savoir plus sur la plongée en sidemount

Ce que j’ai le plus aimé 

  • Clairement, le poids que l’on ne doit pas porter d’un coup avant la mise à l’eau et en sortant. Un type de plongée parfait pour les personnes voulant préserver leur dos.
  • La position dans l’eau
  • La redondance parfaite et facile d’accès (bien plus simple d’accéder aux robinets qu’avec un bi-bouteille)
  • L’impression de légèreté et de liberté (impossible de cogner votre tête sur le robinet de la bouteille )
  • Légèreté du matériel
  • Possibilité de se faufiler dans des endroits étroits sans rien accrocher

Ce que j’ai moins aimé

(Là, il faut que je cherche)

  • Je n’avais pas mes embouts thermoformés
  • Il n’y avait pas de cache-lèvres (et il fait froid dans l’eau en Belgique)
  • Accrocher les fixations des blocs à l’arrière avec les gants étanches est un peu complexe. Mais il n’est pas interdit de se faire aider, n’est-ce pas ? 
  • Je n’ai pas de photo de l’expérience (#commentça, ça n’a rien à voir ? 😁)

Qu’est-ce que la plongée en sidemount ?  

Si elle est de plus en plus usitée, la plongée en sidemount est historiquement l’apanage des plongeurs et plongeuses très techniques qui souhaitent pénétrer des lieux difficiles d’accès (par exemple des résurgences ou épaves). Ces personnes cherchent comment se faufiler dans des passages étroits et pour cela, il leur faut un matériel adapté.

En effet, le principe de la plongée en sidemount est de configurer son matériel de manière à le positionner sur le ou les côtés. Cela, tout en pouvant aisément et simplement le placer devant soi également pour se faire moins large en cas de passage plus difficile.

Ici, pas de bouteilles sur le dos, mais juste contre les flancs.

Matériel pour la plongée en sidemount

Ce montage latéral nécessite effectivement du matériel adapté.

Un harnais avec une wing (bouée dite aile fixée uniquement dans le dos) remplace le gilet de plongée classique. 

Généralement pour la plongée en sidemount, deux bouteilles vont se placer de part et d’autre attachée devant et derrière vous et passant sous les bras. Notez que certains s’immergent avec un seul bloc. Cependant dans le milieu où j’ai l’habitude de plonger, la redondance (dédoublement de tout le matériel) est la plupart du temps de mise. Les deux bouteilles comportent chacune un détendeur avec un flexible à relier à l’inflateur du gilet ou de l’étanche et un manomètre.                                          

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Plonger en sidemount : pour qui ? 

À mon avis, ce type de plongée peut convenir à un très grand nombre de personnes. Les plongeurs techniques ayant besoin de passer dans les étroitures. Mais aussi les personnes ayant des problèmes de dos et ne pouvant pas porter de charges. Ou tout simplement ceux et celles qui veulent tester de nouvelles expériences

Se former et aller plus loin

Il n’est pas toujours indispensable de s’adresser à un instructeur pour apprendre une nouvelle compétence (mais pour être certifié oui). Cependant, je dois préciser que la plupart du temps, les moniteurs auront l’habitude d’anticiper vos questions et vous donneront facilement les infos nécessaires au bon déroulement de l’initiation. Cela vous fera gagner du temps et vous permettra d’acquérir les bons gestes. Habituellement, les instructeurs ont cette caractéristique d’avoir appris à apprendre, ne l’oubliez pas. 

Pour aller plus loin, vous pouvez lire des livres sur le sujet et notamment l’excellent ouvrage de Rob Neto (uniquement en anglais)

Est-ce que je vais continuer dans cette direction ? 

La réponse est clairement oui et je regarde déjà quel serait pour moi l’équipement idéal. 

En attendant, je souhaiterais remercier Laurent Miroult une nouvelle fois au travers de cet article. Mais également Jérôme qui n’a malheureusement pas pu être des nôtres pour cette expérience de plongée en sidemount. Enfin, toutes les personnes qui m’avaient proposé antérieurement un essai avec leur matériel et avec qui je n’ai pas pu concrétiser cet essai.

Enfin, même s’il n’est pas instructeur, je tiens à souligner le très solide sens pédagogique de notre guide du jour. En effet, ses explications claires et précises étaient parfaitement bien amenées.

La plongée en sidemount, ça vous tente ? Vous connaissez ? Quels sont vos trucs et astuces ? 

Dites-moi cela dans un commentaire ci-dessous afin d’en faire profiter un plus grand nombre.

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène