Cette plongée dont je ne vous parlerai pas…

Récemment il m’est arrivé une mésaventure qui aurait pu me gâcher la plongée (parce que j’étais fâchée sur moi-même) et qui finalement m’a laissé des souvenirs plein la tête.

Depuis un bon bout de temps, nous sommes bel et bien entrés dans le monde de l’image.

De ce fait, lors de mes plongées, je suis toujours accompagnée de mon fidèle appareil photo afin de capturer les instants sous-marins magiques qui illustreront plus tard les articles que je propose de partager avec les plongeurs et plongeuses passionnés sur mon blog Different Dive.

Aussi, alors que je me suis empressé de partir pour Ravenoville il y a peu pour rejoindre mes amis normands, ma distraction (ou ma précipitation ?) m’a mise face à une situation très délicate.

En effet, j’avais planifié de faire une superbe plongée au départ des plages du débarquement en Normandie lorsque je me suis rendu compte que j’avais oublié le chargeur de mon appareil photo dont la batterie était sans aucun doute possible vide !

Quelle déception en regardant mon matériel de plongée et de photo de me rendre compte de cette erreur.

Comment parler d’une plongée sur un blog sans pouvoir l’illustrer par des images dans un monde de plongée sous-marine très justement dominé par le visuel ? Qui se satisfera juste d’un récit pour se donner envie d’aller tremper ses palmes là-bas ? Qui lira l’article jusqu’au bout ?

Dès lors, j’ai décidé que je n’écrirais pas d’article concernant cette plongée fantastique sur un des spots des îles Marcouf.

Aussi…

Je ne vous parlerai pas de mon arrivée sur la plage et de la surprise d’apercevoir dans l’eau deux hérons et deux aigrettes qui y trempaient leurs pattes. Incroyable, ce ne sont pas des oiseaux marins pourtant ?!

Je ne vous parlerai pas de cette mer d’huile, de ce vent léger, de ce soleil qui se reflète sur l’eau dans la lueur de cette belle matinée d’août

Je ne vous parlerai pas de ces îles Marcouf, paradis des oiseaux marins qui abritent de nombreuses espèces et qui se trouvent à peine à 20 petites minutes de bateau (pour une fois que je ne plonge pas sur les épaves du débarquement)

Je ne vous parlerai pas de mon immersion dans cette eau à 18°C alors que je plonge pour une fois sans étanche (si, si, cela m’arrive 😉 )

Je ne vous parlerai pas de la visibilité étonnamment bonne. Une dizaine de mètres, rien que ça ! Que du bonheur en perspective pour cette plongée normande qui m’a plus souvent habituée à une visibilité bien plus réduite

Je ne vous parlerai pas de ce filet de pêche étendu entre plusieurs rochers et laissant diffuser les rayons du soleil au travers. Ayant probablement dérivé, il tenait dans ses mailles le cadavre d’un Cormoran dont le squelette entier, encore revêtu des restes du plumage, semblait suspendu pour l’éternité.

J’aurais tant aimé réaliser cette photo pour sensibiliser les pêcheurs aux dangers des filets pour les oiseaux marins et le reste de la faune 😥

5 tourteaux (dont un mort) s’étaient également emmêlés les pinces et se retrouvaient totalement prisonniers de ces mailles fines. Impossible de les libérer à mains nues et c’est à coup de couteaux précis (et beaucoup de précautions pour les doigts) qu’ils ont été délivrés

Je ne vous parlerai pas des poissons présents à foison : des vieilles, des vives, des bancs entiers de petits tacauds (une véritable nurserie), des bars, des gobies et d’autres dont j’ignore le nom (je ne suis pas une spécialiste de la plongée bio)

Je ne vous parlerai pas des tapis d’anémones colorés : des anémones de mer vertes, des anémones style « plumeuses » et des anémones plates et rouges agglutinées l’une contre l’autre

Je ne vous parlerai pas du nombre de crevettes, crabes, tourteaux et araignées de mer qui couraient dans tous les sens

Je ne vous parlerai pas des deux congres absolument gigantesques et immobiles qui nous observaient tapis entre les roches, entourés de crevettes et d’un homard. Il parait que dans ce cas le poulpe n’est pas loin… nous ne l’avons pas trouvé

Je ne vous parlerai pas des homards : impossible, ils étaient bien trop gros et bien trop nombreux pour les énumérés

Je ne vous parlerai pas du nombre de coquille Saint-Jacques dont la plupart n’étaient pas comme à l’accoutumée cachées dans le sable mais bien en mouvement la bouche toute ouverte. Manifestement c’était l’heure du repas… pour les coques aussi 😉

Je ne vous parlerai pas de la rencontre magique lors de notre palier : une énorme méduse défilant ses filaments longs de plus d’un mètre évoluant paisiblement accompagné d’une douzaine de petits poissons gris bleuté qui l’entouraient comme les poissons pilotes autour des requins, MAGIQUE 🙂

Je ne vous parlerai pas du retour en bateau, du soleil sur mon visage, du vent léger et tiède ni de cette inoubliable odeur iodée des mers du nord

Enfin, je ne pourrai rien vous dire non plus sur ce phoque qui longeait la côte observant les baigneurs qui profitaient de cette magnifique plage normande. Notre phoque faisait sa star en plongeant et réapparaissant chaque fois un peu plus loin.

Je ne vous parlerai pas de toutes ces merveilles vues et ressenties impossible à vous raconter à cause de cet oubli impardonnable.

Pourtant, si finalement j’ai réussi à mettre un peu de rêve de plongée au travers de mes mots et à vous donner envie d’aller tremper vos palmes dans cette région de France, je serai vraiment heureuse et je me dirai que cette erreur de distraction a finalement ancrée très fortement les sensations et les images merveilleuses de cette plongée normande.

Vous est-il déjà arrivé d’oublier votre matériel photo juste quand vous en aviez vraiment besoin ou suis-je décidément la seule incorrigible distraite ?

Prêts à partager vos mots vous aussi sans image ?

Postez un commentaire directement sur le blog ci-dessous… ça me fera vraiment plaisir d’échanger avec vous en direct 😉

© DifferentDive | DDIVE

Bonnes bulles et n’oubliez pas d’être heureux 🙂

Hélène

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