Road trip au panama : la destination qui a changé ma vie

Mars 2017, j’effectue un road trip au Panama. Oui, ça date, j’aurais dû vous raconter ça avant, mais vous allez comprendre plus bas pourquoi ce ne fut pas le cas. 

Pour dire vrai, j’avais dans l’idée à l’époque de venir vivre là-bas, véritablement. Et d’ouvrir un centre de plongée aussi. Dès lors, le voyage se composait de sept jours au Costa Rica (vous vous rappelez que je vous en ai parlé ici ?) et de deux semaines au Panama.

Finalement, je ne suis pas partie y habiter, mais cette dernière destination a tout de même changé ma vie !

Arrivée au Panama

C’était une première pour moi sur le continent américain. En effet, je n’avais pas encore exploré les merveilleuses cénotes du Mexique, ni d’autres spots dans cette partie du monde. Le plus loin où j’avais voyagé les caraïbes. J’avais été plonger en Martinique et puis en Guadeloupe (je ne vous l’ai pas raconté non plus). Deux îles bien différentes de ce que j’allais découvrir en allant m’immerger au Panama.

Au Costa Rica dans la province du Guanacaste, l’attitude des Costaricains que je trouvais assez peu ouverts m’avait surprise. Mon sentiment était qu’il devait être écrit « dollars » sur ma tête et rien d’autre pouvant faire naître un lien. Cependant, la destination m’avait plu et les plongées également. Aussi, j’allais effectuer ce road trip au Panama en imaginant la même ambiance.

Le livre Plongée sous marine - L'Essentiel du blog Different Dive.

Pourtant, dès que je pose les pieds au Panama, tout est différent. Les gens ne s’intéressent pas à nous outre mesure, et ça me va fort bien. 

Avec mon binôme nous avons prévu de passer deux jours à Santa Catalina. Là, nous rejoignons des amis avec qui nous voulons plonger à Coiba avant de reprendre notre route vers un ailleurs que nous n’avons pas planifié.

La panaméricaine que nous empruntons s’étire, interminable, laissant apparaître les paysages tantôt avec vue sur mer, tantôt complètement brulés par la chaleur harassante. 

Des camions sur la panaméricaine lors d'un road trip au Panama.

Road Trip au Panama : l’étape décisive de Santa Catalina

À Santiago de Verraguas, nous quittons la panaméricaine vers Soná. Lors de nos arrêts, l’air est chaud et nous nous sentons comme « soufflés » par le passage des gigantesques camions. 

Peu après Soná, nous bifurquons vers Santa Catalina. Nos amis nous y attendent, mais nous prenons le temps, notre temps, de nous imprégner de ces paysages qui se font de plus en plus sauvages.

Soudain, après quelques rebondissements (le parcours fait des hauts et bas très marqués), le village se dévoile. Juste une longue route, bordée de maisons, qui file vers la mer. Et tout au bout, l’océan. Immense. Impressionnant et calme. La plage de sable noir s’étend à perte de vue. Les habitants se meuvent lentement alors que les touristes se pressent de rejoindre qui une barque, qui un pick up. Certains préférant le restaurant animé en bord de mer. Notre GPS ne trouve pas sa destination. Alors nous demandons notre route au seul bar-magasin-poste du coin où des hommes nous renseignent.

Le paysage de Santa Catalina.

Arrivée à Las Cabanas

Il nous faut emprunter un minuscule chemin colonisé par des poules, coqs et autres volatiles avant d’apercevoir Las Cabanas. L’hôtel est niché sur le haut du village et laisse voir l’océan à 180°C. Je suis conquise par le premier arrêt de ce road trip au Panama.

Aujourd’hui, cet hôtel a été repris et réaménagé. Vous pouvez le retrouver sous le nom de Vista Coiba Villas & Restaurant.  
En attendant la plongée du lendemain, je décide de descendre sur la plage par un tout petit chemin qui serpente à flanc de rocher. Le sol est volcanique. La marée est haute et l’eau tiède sous mes pieds.
Cette plage… il se passe quelque chose en moi de puissant. Mais j’ignore encore quoi. Alors, je rejoins les autres.

Plage rocailleuse à Santa Catalina.

Nous nous prélassons dans le hamac, admirons la vue, dégustons un excellent repas le soir en écoutant ces bruits de nature qui nous sont étrangers. Bref, nous sommes biens.

Plus tard, nous assistons, bienveillants au baptême piscine de deux d’entre mes amis. L’un n’ayant jamais pratiqué la plongée, l’autre ayant presque oublié. Les deux profiteront d’une immersion « découverte » pendant que mon binôme, notre ami Jean-Yves et moi-même irons explorer les fonds de Coiba.

L'hotel Las Cabanas à Santa Catalina lors de mon road trip au Panama.

Volcan Barú 

Suite à notre merveilleuse journée de plongées, comme nous nous sentons bien avec nos amis (normal, ce sont nos amis !), nous décidons de les rejoindre avec un peu de retard pour deux jours au pied du volcan Barú.

Ce « volcan de Chririqui » est le point culminant du Panama avec 3474 mètres d’altitude. C’est un volcan endormi de la cordillère de Talamanca. Situé à l’ouest du Panama, il est tout près de la frontière avec le Costa Rica. 

Sur le chemin, des terres se consument, des hommes guident leur troupeau à l’aide de chevaux, des poulets et cochons déambulent sur les abords et de gigantesques bus colorés nous croisent. Je me sens bien.

Paysage brulé lors d'un road trip au Panama.
Un homme guide ses vaches sur une route au Panama.

Après quelques heures de conduite et une route en lacets qui nous emmène dans la montagne, nous arrivons à l’hôtel à Boquete. La différence de température est flagrante. Ici, pulls et manteaux sont de mise, car les soirées sont humides et fraîches.

L’établissement est magnifique et propose des chambres confortables disséminées dans plusieurs bâtiments. Pour peu, on se croirait dans un nouveau pays.

Des colibris viennent tout autour de nous, c’est splendide.

À la recherche des Quetzales 

Le lendemain, nos quatre amis ont prévu une excursion à la recherche des Quetzales. Pour cela, ils doivent se lever tôt et rouler longuement, car l’opérateur est de l’autre côté de la montagne. Nous déclinons donc l’invitation à nous joindre à eux. Pour nous, ce road trip au Panama doit se dérouler tranquillement, en prenant le temps de s’imprégner des ambiances.

En matinée, nous choisissons alors une visite accompagnée dans la forêt tropicale toute proche.  Au départ de son refuge à l’orée de la forêt, José nous fait découvrir ses secrets, les traces des pumas, les arbres centenaires. Et de luxueux guest houses complètement perdus au milieu de tout ça. Chaussés de jolies bottes trouées (oui il faut le dire), nous serons guidés sur des chemins inoubliables. 

La végétation luxuriante de Boquete au Panama.
La nature luxuriante à découvrir lors d'un road trip au Panama dans la réserve du volcan Baru.
En balade dans la réserve du volcan Baru.
Chercher l’oiseau…

L’après-midi, motivés, nous décidons de partir à la recherche des oiseaux mythiques.

Quelque cinq minutes de trajet en voiture nous permettent de rejoindre une route qui monte vers le parc naturel du volcan. Là-bas aussi, il parait qu’il est possible d’observer ces splendides oiseaux, symboliques de cette partie du monde.

Oiseau emblématique du Guatemala, le Quetzale est également présent au Costa Rica et au Panama, entre autres. Il vit à plus de 2000 mètres d’altitude. Le mâle arbore des couleurs magnifiques et peut mesurer plus d’un mètre en tenant compte de ses plumes sous-caudales. Coloré, le Quetzale vit perché dans les arbres des forêts luxuriantes. C’est vous dire comme il donne envie d’être observé.

La montée à pied est longue jusqu’au parc. Mais ça vaut largement l’effort lorsque nous nous plantons devant la vue grandiose sur les vallées. Comme nous considérons que quatre heures de marche seront suffisantes pour cette deuxième partie de la journée, nous décidons de nous aventurer pour une bonne heure sur le chemin de randonnée avant de faire demi-tour.

Rapidement, nous nous rendons compte que nos yeux n’arrivent pas à trouver les Quetzales. Nous nous disons que c’est très certainement une question d’habitude et nous résignons à ne pas en apercevoir. Quelque part, nous nous demandons si nous n’aurions pas dû aller avec nos amis. Pourtant, cette randonnée dans cette nature sauvage où nous ne croisons personne nous ravit.

Paysage du volcan Baru lors de notre road trip au Panama.
A la recherche des Quetzales dans la réserve naturelle du volcan Baru.
… et l’apercevoir

Alors que nous remontons vers la sortie du parc, nous apercevons l’oiseau. Il s’agit d’une femelle, peu colorée. Sans bruit, je la fixe avec mon objectif et déclenche. À ce moment, une agitation nous surprend et nous voyons le Quetzal, sublime qui se trouvait perché juste au-dessus de nous s’envoler vers une branche proche de sa belle. Nous retenons notre souffle et nous contentons de les observer comme deux enfants émerveillés.

Le cœur gonflé de joie devant la magnificence de cette nature luxuriante, nous retournons vers l’hôtel. Ce road trip au Panama nous fascine. De leur côté, nos amis auront eux aussi aperçu un oiseau de loin, une femelle. Notre choix était donc le bon.

Un quetzals aperçu lors de notre road trip au Panama.

Retour à Santa Catalina

Après une nuit réparatrice, nos amis prennent la direction nord pour rejoindre Bocas del Toro où l’un d’eux possède un établissement. Cette fois, nos chemins se séparent.

Comme nous étions un peu restés sur notre faim point de vue plongée, nous convenons avec John, le responsable du centre de plongée avec lequel nous nous sommes immergés quelques jours plus tôt, de planifier une nouvelle journée à Coiba. L’hôtel Las Cabanas est complet. Nous nous dirigeons vers un autre, le Sol y Mar, perché au-dessus d’une route à l’inclinaison impressionnante. Je prends le temps de m’imprégner du village, de son ambiance. J’adore.
Le soir, de la piscine, nous observons le coucher du soleil en nous disant que nous avons vraiment beaucoup de chance de faire ce road trip au Panama.
#Gratitude

Hélène dans la piscine de l'hôtel Sol y Mar à Santa Catalina lors d'un road trip au panama.
Les chambres de l'hotel Sol y mar a Santa Catalina au Panama.
La terrasse de l'hotel Sol y mar à Santa catalina au Panama.

Cette fois plus question de choisir un spot « simple ». John nous emmène au nord de Coiba, à deux heures et demie de navigation sur des sites grandioses. Ce jour-là, nous revenons à Santa Catalina des souvenirs plein la tête, et quels souvenirs !

Nous nous baladons encore un peu sur la plage. Je me pose sur un rocher et plonge mon regard dans l’océan. 

Tout à coup, je comprends comment ce road trip au Panama va transformer ma vie. Je sens, que ce village sera le décor de mon premier roman. Celui que j’ai toujours voulu écrire. J’ignore encore de quoi il parlera, mais je sais qu’il se déroulera là. C’est une évidence. 

Faire étape dans le vieux Panama

Changement complet de décor pour notre road trip au Panama. En route vers le côté caraïbe, nous faisons étape dans la vieille ville, très excentrée de Panama City. L’objectif est d’aller voir le fameux canal de Panama et d’assister aux passages de bateaux. L’édifice nous laisse sans voix. Les cargos frôlent les voiliers. Impressionnant. Mais je ne fais pas de photos…

Nous nous faisons plaisir en logeant dans un hôtel absolument magnifique, l’American Trade Hotel & Hall, sur la Plaza Herrera. L’ambiance est décalée par rapport à ce que nous avons vu les jours précédent et durant notre semaine au Costa Rica.

Le soir, nous allons prendre l’apéro sur le toit-terrasse du Casacasco en face. Avec mon t-shirt de plongeuse, je n’arrive pas à me fondre dans le décor de ce bar où la jet-set panaméenne semble s’être donné rendez-vous et le champagne coule à flot.

Qu’importe. La vue est superbe et le soleil qui se couche resplendissant. Quelle surprise le matin de découvrir que notre hôtel et la Plaza Herrera sont envahis par les équipes du tournage du TopChef du pays. 

Place Herrera dans le vieux Panama, étape de notre road trip au Panama.
Hélène Adam sur la terrasse d'un bar branché dans la vieille ville de Panama.

La région de Colon

Durant notre road trip au Costa Rica et au Panama, nous n’avions pas encore été du côté Caraïbes. Aussi, nous prenons la route vers le village de Portobelo, car nous avons vu qu’il était possible de plonger tout près. L’hôtel Casa Congo est joli et sommaire. Il a l’avantage d’avoir une magnifique terrasse donnant sur la baie dans laquelle de très nombreux voiliers et autres catamarans se réfugient dans l’attente de faire la traversée mythique du canal.

La région de Colon à Portobelo a été pour moi un véritable choc culturo-écologique (si je puis dire). Ici les gens jettent sans se préoccuper de ce que deviendront les crasses. Des monticules de sacs poubelles s’entassent à perte de vue le long des routes. Aucun ramassage n’est organisé. Mais la ville de Portobello semble quelque peu y échapper.

Par chance, nous assistons le soir même à une procession impressionnante dans le village. Il s’agit du festival de Diabolos y Congos qui se déroule tous les deux ans.

Hélène à Portobello lors d'un road trip au Panama.
Fête à Portobello au Panama.

Je voudrais vous parler de la plongée effectuée à Portobelo. Seulement, elle était aussi pauvre que la région, presque désespérante. Un barracuda perdu nous a regardé descendre dans l’eau avant de passer sa route. Et puis, plus rien, rien du tout. Après 10 minutes je me suis dit : « c’est quand qu’on remonte ». Pourtant le bateau était spacieux, le club plutôt bien et le dive master vraiment sympa.

Finalement, j’ai pris sur moi et suis partie en quête de l’une ou l’autre chose à voir dans cette eau assez chargée. 

Après la plongée, pour nous consoler, nous sommes allés manger au restaurant El Castillo à l’ambiance décalée, un peu pirate, où l’on sert des mets délicieux !

Isla Grande

Le jour suivant, forts de notre mauvaise expérience en plongée, nous avons opté pour la visite de Isla Grande. Autre lieu, autre décor pour ce road trip au Panama. L’île est jolie, calme, propre… et touristique.

La plage invite au farniente, aussi nous décidons de nous y adonner. C’est alors que deux frère et sœur belgo-panaméens nous interpellent. La Belgique étant vraiment toute petite, nous nous rendons compte que nous avons des amis en commun, sommes presque voisins. Et cela finit d’une part par une initiation au maniement du foulard acrobatique. D’autre part, par l’essai du full masque de snorkeling dont j’ai écrit le test complet.

En route vers Panama City

Notre itinéraire vers Panama City nous fait prendre des chemins de traverse durant notre road trip au Panama.

Nous voulions aller voir un fleuve qui dévalait en pleine montagne et nous arrivons sur un riu tout sec. Le village est vide, il n’y a pas âme qui vive. Mais nos ventres crient famine. Soudain, une maison attire notre attention. Sous quelques planches des habitants sont attablés.

Nous allons à leur rencontre. Il s’agit d’un mini restaurant ultra sommaire. Exactement ce dont nous avions envie. Nous avons le choix entre poisson et … poisson. Ce sera donc du poisson accompagné de riz et de légumes. À l’époque, je n‘avais pas encore décidé d’arrêter de manger les produits de la mer.  
Je n’ose pas boire l’eau qui vient d’un grand bidon et qui est servie dans des gobelets en plastique trop douteux. Alors nous demandons un coca (il y en a partout dans le monde). La petite dame traverse la rue et va en chercher deux dans le minuscule et invisible shop d’en face. Nous nous mêlons aux conversations, assistons à l’arrivée du camion de ravitaillement en poissons. Les gens nous englobent dans leurs conversations tout en nous jetant quelques regards curieux : mais qui sont donc ces deux qui se sont perdus ici ?

À la fin du repas, timidement, la patronne nous réclamera 9 $… pour nos deux plats et boissons.

Pour la dernière étape de ce road trip au Panama, nous logeons au Monkey Lodge Panama. Il  s’agit d’une guest house tenue par un français devenu panaméen. La guest house se trouve aussi être un refuge pour singes abandonnés (véridique).

Le lendemain, nous rejoignons l’aéroport pour revenir en Europe, non sans avoir dégusté une dernière tortilla au bord de la route.

Road trip au Panama : les détails pratiques 

  • Distance Paris-Panama : 8787 km
  • Vols : la plupart des capitales européennes proposent des vols directs (ou avec une escale technique courte) vers Panama City.
  • Climat : tropical. 
  • Température : entre 25 et 32°C. Mais (beaucoup) plus froid en altitude au-dessus de 1500 mètres.
  • Meilleure saison : le Panama se visite toute l’année. Cependant, il faut noter qu’il existe une saison sèche de décembre à avril idéale pour les séjours « plage ». Et une saison humide de mai à novembre qui permet l’observation des baleines en mer, de la ponte des tortues sur les plages et des Quetzales en montagne. Mai et juin sont à éviter en raison du risque d’inondations, tout comme septembre et octobre.
  • Décalage horaire : – 6 heures par rapport à Paris en hiver et -7 heures en été.
  • Monnaie : la monnaie locale est le colon. Mais dans la pratique, vous pouvez tout payer en dollars, même dans les endroits les plus reculés.

Ce road trip au Panama a été une expérience aussi fascinante que magnifique. Le Panama reste derrière nous… j’en repars avec un projet original qui ne se concrétisera que deux ans plus tard, mais qui sera la toute première étape de mon changement de vie.

Le Panama, vous connaissez ? Vous y avez déjà été ? 

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Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène