Plonger avec des Américains

C’était quelque part sur l’île merveilleuse de Bonaire. J’avais décidé de faire un trip sur Klein Bonaire, l’île qui fait face à l’île. Pour ça, j’avais réservé une matinée en bateau. J’ignorais alors que j’allais découvrir le plaisir de plonger avec des Américains.

Car, il faut le dire, Bonaire est une île habituellement très prisée des touristes étatsuniens ou canadiens. En effet, comme les langues parlées sur place sont le néerlandais et l’anglais (le papiamento aussi par les locaux) et que le décalage horaire est minime, voire inexistant, pour les Nord-Américains, cette destination a le vent en poupe pour les passionnés de plongée venant de là-bas.

Un look sympa

Nous arrivons sur le bateau à 8h30 précise comme convenu. L’ambiance est bonne, les gens discutent entre eux (en anglais) et rigolent. Nous nous rendons compte en observant le public que nous allons exclusivement plonger avec des Américains. Chouette, nous voilà dépaysés.

On ne peut que remarquer leur look étrange. En effet, plusieurs d’entre eux sont vêtus de longues chaussettes de ski aux motifs marins. Curieuse, je leur demande pourquoi. Ils me répondent amusés que c’est pour mieux se reconnaître sous l’eau. 

J’aime bien l’idée.

Les chaussettes des plongeurs américains sur le bateau.

Première immersion… et la surprise

Le bateau nous emmène rapidement sur un des spots de cette petite île au large de Kralendijk. Arrivés sur le site, le dive master effectue son briefing écouté religieusement par l’ensemble du groupe. Je dois reconnaître que les gens sont très disciplinés.

Nous avions pour notre part convenu avec le responsable du centre de plongée que nous ferions notre plongée de notre côté pour réaliser quelques photos particulières. Et cela même si l’idée de plonger avec des Américains était amusante. Pour le directeur du centre, ainsi que pour le capitaine du bateau et le dive master, cela ne posait pas de problème tant que nous respections les temps et profondeurs maximales annoncés. 

Nous nous mettons à l’eau et admirons les incroyables fonds marins de ce petit caillou du bout du monde. Je réalise les clichés que je souhaitais faire. Quand soudain après 50 minutes et alors que nous traînions dans la zone des -5m, nous apercevons un plongeur manifestement agacé nous faire de grands signes en nous indiquant en tous sens de réintégrer le groupe. Comme nous ne sommes pas contraires, nous rejoignons la palanquée et terminons l’immersion avec eux. Après tout ce n’est pas tous les jours que nous pouvons plonger avec des Américains.

Sur le bateau, notre plongeur furieux nous apostrophe. Il est « l’instructeur » de ce groupe de plongeurs et plongeuses en vacances et il ne tolère pas notre comportement. Nous devons suivre les autres !

Il est vrai que sous l’eau comme en surface tout ce petit monde nous paraît bien ordonné. Très calmement, nous lui demandons s’il a entendu que nous devions rester ensemble lors du briefing. Il fulmine et tourne les talons.

Deuxième plongée

Juste avant notre deuxième immersion, notre « instructeur » interpelle le dive master qui termine son briefing. « We are a group ? (Nous sommes un groupe ? )» interroge-t-il ? 
Un peu surpris, le dive master répond « yes ». Et le bonhomme sourit. 

Nous laissons partir les premiers et, dans la langue de Vondeel, nous demandons au guide si c’est toujours OK que nous fassions notre plongée de notre côté, comme prévu. Il acquiesce tout aussi surpris de notre question.

Nous nous mettons à l’eau presque les derniers, passons devant le groupe qui patiente sous le bateau et évitons le regard meurtrier de notre nouvel ami.

Plonger avec des Américains : une histoire qui finit bien

De retour sur le bateau, nous pourrons échanger avec lui et son groupe de plongeurs et plongeuses qui n’étaient pas au courant de notre permission de nous immerger à notre guise. Nous plongerons avec eux plusieurs fois les jours suivants et resterons même amis avec certains d’entre eux avec qui nous avons toujours des contacts aujourd’hui. C’est bien connu, la plongée favorise l’amitié.

Plonger avec des Américains dans ce contexte précis m’a fait réfléchir à leur approche de la plongée décidément très différente de celle du monde francophone : plonger en groupe compact, suivre le dive master, ne pas dépasser les 30 mètres de fond… le tout avec beaucoup de respect des consignes. Une façon de faire, ni meilleure ni pire non, juste très différente.

J’adore plonger avec des personnes venant d’autres horizons. Généralement, je me plie de bonne grâce et avec plaisir aux us et coutumes locaux. Ici, je devais malheureusement faire autrement. 

Précision : l’objectif de cet article est de mettre l’accent sur la beauté des différences. Passer outre un premier sentiment négatif (pour qui se prend-il celui-là de venir nous agresser ?) et aller vers l’autre jusqu’à comprendre pourquoi il a agi de la sorte et en faire un ami avec qui tu gardes contact au-delà des vacances… c’est à mes yeux la vraie richesse des rencontres. Je suis sincèrement désolée pour ceux et celles qui ont pensé, ne serait-ce qu’un instant, que l’idée était de diviser plutôt que de rassembler. Parfois les mots…

Et vous, vous aimez plonger avec des personnes dont les habitudes sont différentes ? 

Racontez-moi vos expériences en commentaire directement sur le blog pour en faire profiter le plus grand nombre. 

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène

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