Larguer les plombs en plongée

Lors des formations ou au cœur de discussions animées, il est encore d’usage d’entendre parler de larguer les plombs en plongée loisir. Parfois, le débat fait encore rage entre les partisans du largage de plombs (de moins en moins nombreux) et ceux qui n’y sont pas du tout favorables.

Mais, si je pense que la plupart des organismes de formation ont abandonné cet apprentissage, nous sommes nombreux à avoir appris cette pratique, il faut bien le reconnaître, d’une époque que les moins de 20 ans… vous connaissez la chanson.

Mais pourquoi larguait-on les plombs… avant ?

Pour comprendre, il nous faut remonter dans une époque lointaine. Mmm peut-être pas si lointaine en y réfléchissant.

La plongée a commencé à se répandre dans nos régions au milieu des années 50. 
Le gilet de plongée n’existait pas. Dès lors, les plongeurs calculaient au plus juste le lestage pour ne pas devoir fournir des efforts trop importants lors des remontées vers la surface. En cas de soucis, il fallait bien pouvoir se débrouiller. Et donc parfois, être contraint à larguer les plombs lorsqu’on était en difficulté. 

Bien heureusement pour nous, le gilet est arrivé et a tout changé dans notre manière de plonger. Il a rendu l’activité bien plus confortable, sécurisée et accessible à un plus grand nombre aussi.

Larguer les plombs, pour quoi faire ?

Mes propos ici se concentreront sur la plongée loisir avec un ou des binômes. Honnêtement, en ce qui me concerne, je vois deux raisons pour lesquelles il arrive que l’on envisage encore le largage de plombs

  1. Pour pouvoir les enlever en remontant sur le bateau (mais là il vaut mieux juste les enlever sans les larguer)
  2. Parce que l’on a toujours fait comme ça. C’est vrai. Après tout, mon moniteur a dû apprendre cela et son moniteur avant lui aussi. Alors, pourquoi pas moi ? 

Simple n’est-ce pas ?

Bien entendu, c’est avec ironie que je vous propose ces deux raisons … qui n’en sont pas. Les temps ont changé et le matériel a évolué. 

Plus sérieusement, il existe deux cas dans lesquels il peut être utile de larguer les plombs. 

Le premier ne se passe pas sous l’eau, mais hors de l’eau. 
En effet, si par malheur vous deviez tracter une personne inconsciente jusqu’au bord il sera plus aisé de le faire sans le lestage. Et si les conditions le permettent, sans gilet aussi.

Le deuxième est celui dans lequel vous avez par exemple perdu votre palanquée (vous êtes seul), vous êtes en panne d’air pour une raison mécanique (je vous laisse calculer la probabilité que cela arrive) et pris dans un courant descendant (histoire de rendre la situation encore moins probable). Dans ce cas là, larguer vos plombs aurait très certainement du sens.
Avouez que les risques de se trouver dans une telle situation sont quasi inexistants.
Mais si cela devait vous arriver, il vaudrait très certainement mieux aller au caisson qu’à la morgue.

Les raisons parfois invoquées pour larguer le lestage

Le cas du sauvetage du plongeur inconscient.

Ici, il me semble évident que c’est un non-sens. Non seulement vous allez perdre du temps à chipoter pour larguer ses plombs (essayez d’aller défaire une ceinture coincée sous un gilet chez quelqu’un qui est inconscient). Mais en plus vous allez avoir un sérieux problème lorsque vous allez atteindre les derniers mètres. Votre lestage à vous ne sera plus suffisant pour permettre de ne pas être entraîné tous les deux à trop grande vitesse vers la surface. Lors d’un sauvetage, le temps est compté pour sortir le plus vite de l’eau sans vous mettre en danger. N’en perdez pas à chercher à larguer le lest.

« Si mon gilet se déchire, ou mon étanche… ou les deux à la fois ».

En restant sérieux, nous devons admettre que les gilets de plongée sont fabriqués dans un matériau tellement résistant qu’il est difficilement imaginable qu’il puisse se déchirer sur une surface tellement importante qu’elle laisse s’échapper tout l’air. Si vous faites un trou dans votre gilet, il y a fort à parier que vous n’aurez pas trop de soucis pour remonter jusqu’au palier où vous êtes sensé pouvoir vous stabiliser gilet vide. À moins d’être violemment attaqué sous l’eau (par quoi ? Par qui ?) votre étanche ET votre gilet ne se déchireront jamais en même temps.

« Si mon inflateur ne fonctionne plus ? »

Gardez tout d’abord à l’esprit que quoiqu’il arrive, le résidu d’air contenu dans le gilet reprendra plus de volume au fur et à mesure de la remontée et vous aidera à atteindre la surface. Dans le cas d’un dysfonctionnement de l’inflateur, vous avez au moins trois options.
La première est de compter sur votre binôme ; lui faire signe que cela ne va pas et qu’il faut remonter. Il gonflera un peu plus son gilet. Vous vous accrocherez à lui en palmant légèrement et vous remonterez ensemble.
La deuxième est d’utiliser la force de vos jambes pour vous propulser vers le haut. Attention de ne pas trop forcer, ce n’est pas le moment de vous essouffler.
La troisième est de souffler sans forcer et par petits coups de l’air dans votre gilet avec la bouche directement dans votre direct system. Rester calme vous permettra de faire votre remontée sans soucis.

Pour rappel, afin d’éviter le cas de l’inflateur qui ne fonctionne plus il convient de connaitre comment entretenir son matériel de plongée.

Pourquoi vous ne devez pas larguer votre lestage

  1. Votre gilet est conçu de manière à pouvoir vous remonter sans soucis, et cela même si vous êtes trop lesté. 
  2. Le gilet de votre binôme est conçu dans le même esprit 😉
  3. Larguer les plombs en plongée fait perdre du temps lors d’une prise en charge
  4. Un plongeur à qui on enlève le lestage est un plongeur qui sera en difficulté surtout dans les derniers mètres. Le risque de surpression pulmonaire et d’ADD sera réel.

Larguer ou ne pas larguer les plombs en plongée ?

Vous l’aurez compris, pour ma part, je pense qu’il est toujours inutile (et potentiellement dangereux) de larguer les plombs en plongée durant l’immersion à l’exception des cas hyper improbables comme cités plus haut. Larguer les plombs ne présente plus aucun avantage avec l’équipement actuel, mais bien de réels inconvénients.
Mon conseil : continuez toujours de réfléchir à ce que vous faites et pourquoi vous le faites. 

Votre avis sur la question ?

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène

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