Surpression pulmonaire en plongée. Exemple d'exercice pour l'illustrer.

Cet accident de plongée redouté

Impossible de pratiquer la plongée sous-marine sans avoir entendu parler de la surpression pulmonaire.

Accident de plongée des plus graves, la surpression pulmonaire provoque malheureusement quasi toujours des complications respiratoires. De même, elle mène encore trop souvent à la mort.

Cela tombe donc sous le sens qu’il est utile, important et essentiel d’en connaître le fonctionnement. Surtout lorsque l’on veut s’immerger dans une activité de plongée sous-marine.

Si vous souhaitez comprendre et visualiser son mécanisme en quelques secondes (et ne plus l’oublier), rendez-vous tout en dessous de cet article pour regarder la vidéo. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur son fonctionnement et sur la manière de l’éviter, c’est ici :

Surpression pulmonaire : le barotraumatisme à éviter

La surpression pulmonaire est classée dans les accidents de plongée appelés barotraumatismes : baro (pression) et trauma (dommage à l’organisme)
La surpression pulmonaire est donc le fruit d’un dommage causé, par une différence de pression trop grande, aux poumons.

En effet, si les poumons sont des organes magnifiques nous permettant de respirer infatigablement tout au long de notre vie, ils sont néanmoins très sensibles aux différences de pressions. Pression que nous, plongeurs et plongeuses, rencontrons dès l’instant où nous nous immergeons.

En appliquant la loi de Boyle et Mariotte simplifiée (Pression X Volume = Constante), on comprend que l’air inspiré en profondeur va se dilater pendant la remontée jusqu’à causer des dommages aux poumons s’il n’est pas expiré.

La surpression pulmonaire n’est donc rien d’autre qu’un effet de la dilatation excessive des poumons lors de la remontée vers la surface durant votre plongée.

Les scientifiques estiment que la résistance des poumons à la différence de pression est de l’ordre de 0,2 à 0,3 bar ce qui équivaut à une profondeur de 2 à 3 m.

Il est donc possible (et cela est déjà arrivé !) d’avoir une surpression pulmonaire en piscine (lors d’un exercice sur bouteille à -3, 5m par exemple)… Avec les conséquences qu’elle suppose.

LIRE | L’œdème Pulmonaire D’immersion : Comprendre, Prévenir Et Réagir

Comment survient la surpression pulmonaire en plongée ?

La surpression pulmonaire arrive lorsque l’air qui se dilate à la remontée n’arrive plus à s’évacuer suffisamment vite des poumons.

Cela peut être le cas lors :

  • D’une remontée trop rapide qui ne permet pas à l’air de s’échapper assez rapidement, par exemple en cas de panique
  • D’un blocage de la glotte, par exemple en « buvant la tasse »
  • Des effets d’une maladie pulmonaire aiguë, infectieuse ou chronique
  • D’un blocage volontaire (ou involontaire) de la respiration par exemple lors d’une remontée à deux sur un embout en cas de panne d’air quand l’exercice n’est pas maîtrisé.

La surpression pulmonaire survient généralement dans les 10 mètres en dessous de la surface.

Comment l’éviter ? Quelle est la meilleure prévention de surpression pulmonaire ?

Le meilleur moyen d’éviter la surpression pulmonaire est de respirer normalement durant la remontée à vitesse contrôlée et de ne jamais bloquer la respiration.

Il est intéressant d’apprendre aux plongeurs et plongeuses à regarder régulièrement vers le haut lors des remontées en plongée. Outre le fait de permettre à l’air de s’échapper en cas de trop-plein, cela leur servira également à voir s’il y a un obstacle éventuel au-dessus d’eux 

En résumé, à faire lors de la remontée :

  • Expirer
  • Contrôler sa vitesse
  • Privilégier une attitude en extension (regarder vers le haut)
  • Ne JAMAIS plonger en cas de contre-indication médicale (bronchite par exemple)
  • Si la mer est formée, effectuer les paliers à – 6m (pour ne pas subir le ressac ou la houle)

Symptômes d’une surpression pulmonaire ?

Les principaux symptômes sont :

  • Difficulté à respirer, douleurs
  • Crachats rosâtres
  • Douleur thoracique
  • Angoisse
  • Convulsions
  • Cyanose
  • Arrêt respiratoire
  • Accélération du pouls
  • Syncope

Si votre binôme présente tout ou certains de ces symptômes, appelez sans hésiter et immédiatement les secours et donnez-lui, si possible, de l’oxygène jusqu’à l’arrivée de ceux-ci.

Qui peut être sujet de ce barotraumatisme ?

La réponse est évidemment tout le monde même si au final elle touche principalement des débutants, des personnes présentant une contre-indication médicale et/ou des personnes qui effectuent un exercice à proscrire tel que la remontée sans embout.
(NDLR cet exercice semble enfin avoir été supprimé de tous les cursus de formation).

Même si cet exercice a très certainement eu son utilité à une époque où on utilisait du matériel moins performant et/ou moins fiable qu’aujourd’hui, il n’apporte plus d’intérêt à l’heure actuelle.

Je ne peux que vous conseiller de refuser dans tous les cas de pratiquer cet exercice aussi dangereux qu’inutile s’il vous était proposé !

Votre vie vaut bien plus que le passage d’un brevet et il existe de nombreuses agences de certification qui vous délivreront un brevet de plongée de très grande qualité, en toute sécurité sans effectuer ce type d’exercice accidentogène.

Comment comprendre cet accident en quelques secondes (et ne plus jamais oublier) ?

Il y a quelques années, dans le cadre de sa formation de moniteur, Cédric S. a réalisé cette courte vidéo, claire et explicite. Jeune plongeuse à l’époque, la vue de cette vidéo m’a instantanément fait comprendre les dangers de la surpression pulmonaire.

A voir pour comprendre la surpression pulmonaire en un instant et ne plus jamais oublier :

https://youtu.be/H-5ykphvkE4

La surpression pulmonaire est très certainement un des accidents parmi les plus dangereux. Si pas le plus dangereux en plongée sous-marine.

La surpression pulmonaire débouche-t-elle toujours sur un pneumothorax ?

Pas nécessairement.
De manière très succincte, on peut considérer qu’il y a trois « débouchés » à la surpression pulmonaire :

  1. Une première survient lorsque l’air s’infiltre dans le système sanguin. Dans ce cas, en passant par les poumons, le cœur et les artères, l’air arrive dans le cerveau et provoque une embolie gazeuse cérébrale.
  2. L’air vient se mettre entre les poumons et la plèvre. On est dans le cas d’un pneumothorax.
  3. L’air s’infiltre dans d’autres organes et provoque par exemple un emphysème sous-cutané.

Quoiqu’il arrive, ce sont toujours des effets graves que l’on doit, dans une démarche de prévention, à tout prix éviter !

Comment traiter/soigner la surpression pulmonaire ? Que faire immédiatement ?

La meilleure façon reste de ne pas subir la douleur et la dangerosité d’une surpression pulmonaire. Mais si elle est là, il faut réagir adéquatement à cet accident de plongée grave.

  • Placer immédiatement la victime sous oxygène.
  • La mettre en position latérale de sécurité 
  • Effectuer une surveillance ininterrompue
  • Si la victime est en arrêt cardiaque et/ou respiratoire, commencer sans tarder la réanimation

LIRE | Administrer De L’oxygène En Cas D’accident De Plongée : Entre Science Et Loi

Lorsqu’elle sera prise en charge par les services de secours, la personne devra suivre un traitement en caisson hyperbare et un drainage du pneumothorax le cas échéant.

Il faut bien comprendre la gravité de cet accident et tout mettre en place… pour l’éviter !

Pourquoi la surpression pulmonaire n’arrive quasi plus en plongée ? 

Lors d’un récent colloque à la Société Belge de Médecine Hyperbare à Bruxelles, le docteur Mathieu Coulange expliquait qu’aujourd’hui la surpression pulmonaire ne faisait plus partie des accidents de plongée. Cela depuis la suppression de l’exercice de remontée sans embout

Quand on pense que c’est un exercice qui causait un accident aussi grave, il me semble important de réévaluer régulièrement la pertinence de ce que l’on demande aux élèves.

Les apprenants ne doivent surtout pas hésiter à questionner leurs formateurs sur l’intérêt et le sens des exercices demandés.

La plongée est et doit rester un plaisir !

Peut-on avoir une surpression pulmonaire en apnée ? 

Sans respirer de l’air en cours de chemin, il n’est pas possible d’avoir une surpression pulmonaire en apnée. En effet, l’air inspiré avant de descendre va se compresser au fur et à mesure de l’immersion en profondeur.

Lors de la remontée, l’air va simplement reprendre son volume initial.

Par contre, si vous donnez de l’air à un apnéiste qui vient vous rejoindre au fond de l’eau, cet air comprimé à la pression d’évolution (par exemple 3 bar à -20m) va reprendre son volume durant la remontée.

Le risque d’une surpression pulmonaire est grand chez les apnéistes qui ont également l’habitude de garder l’air jusqu’à la surface.

Ne donnez donc jamais d’air à un apnéiste !
Si vous deviez le faire (par exemple un apnéiste en difficulté qui se jette sur vous), vous devriez remonter calmement avec la personne jusqu’en surface en veillant à ce qu’elle continue à respirer tout le long.

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Vous avez une expérience à raconter à propos de ce sujet ? Vous avez des questions – informations à partager ?

Racontez-moi vos expériences dans un commentaire ci-dessous, ça me fera vraiment plaisir d’échanger avec vous.

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse

Hélène

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