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Tester le kitesurf

Cela faisait au moins 10 ans que je rêvais de m’essayer à la pratique du kitesurf. Pourtant, chaque fois que je voyais une personne déplier une aile sur la plage, je me disais que tous ces fils me paraissaient difficiles à gérer.

En 2020, mes amis plongeurs, Mathieu et Caro de Dive’n’ Kite, sont partis vivre leur rêve de moniteurs de kite à Tarifa, en Espagne. Un an plus tard, je me suis lancée et suis partie découvrir cette discipline aquatique fun et pleine de sensations avec eux.

Comme j’ai adoré l’expérience, et même si cela nous éloigne (un peu de la plongée), j’ai eu envie de partager avec vous ce moment. 

Dans cet article, vous trouverez quelques infos de base sur la discipline, mon retour d’expérience et 7 bonnes raisons d’aller, vous aussi, chatouiller le vent et l’eau.

Qu’est-ce que le kitesurf ?

Le kitesurf c’est une activité qui se passe sur la mer, grâce au vent. On peut dire qu’elle a le vent en poupe quand on admire toutes ces ailes colorées qui virevoltent au-dessus de la mer. Lorsque vous êtes à la côte, vous les voyez au bord de l’eau et vous admirez forcément ces « papillons » envoûtants danser devant vos yeux. 

Pour ma part, je peux rester des heures à les regarder soulever les pilotes qui s’élèvent dans les airs avant de revenir glisser sur l’eau. J’en ai déjà passé des moments à photographier ces sportifs qui s’exerçaient devant mon regard émerveillé.

La plage de Los Lances à Tarifa en Espagne.

Quelque part à Tarifa : retour sur mon expérience

Pour vivre cette expérience, nous avions décidé de descendre en voiture jusqu’à la pointe de l’Espagne, direction Tarifa. C’est à cet endroit que l’Europe est au plus proche de l’Afrique au détroit de Gibraltar. Tarifa est une station très prisée par les kitesurfeurs. En effet, le vent y est présent plus de 300 jours par an. Le paradis pour gonfler les ailes colorées.

Par chance, Mathieu et Caro qui travaillaient à l’époque dans un club à Tarifa nous avaient dégoté une magnifique location à la Peña sur les hauteurs, au nord de la Playa de Los Lances. La plage où les kiteurs se retrouvent majoritairement. 
La vue est incroyable. Et le soir, on voit s’illuminer les villes du Maroc de l’autre côté de la mer. C’est magique.

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La vue sur Tarifa et la Maroc au départ de la Peña.

Mais qu’est-ce qui fait venir les riders à Tarifa ? Kitesurf entre Levante et Poniente

En Europe, on peut dire que Tarifa est en quelque sorte le paradis du kitesurf. Sur les plages au nord de la ville les riders ou pilotes (c’est comme cela qu’on les appelle) viennent chercher des sensations fortes dans les vagues et le vent de l’océan Atlantique. Le vent est changeant entre le poniente et le levante. Ces deux vents d’été s’alternent à Tarifa et vont conditionner la pratique du kitesurf. Le levante, comme son nom peut nous le faire deviner, vient de l’est. En effet, il se « lève » et donc fait penser à l’est. C’est un vent doux qui nait en Méditerranée et peut souffler en rafale jusqu’à 100km/h. Il soulève le sable et fait fuir ceux et celles qui voulaient se baigner. Son pendant, le poniente, est un vent plus frais qui vient de l’ouest. Un vent régulier très apprécié des riders. Avec lui, la mer se forme, les vagues sont présentes et les pilotes de kitesurf sont ravis.

Une plage organisée

Arrivés sur la partie nord de la plage de Los Lances, nous sommes accueillis par Caro et Mathieu qui nous donnent l’équipement nécessaire et nous amènent sur le sable. C’est curieux tous ces drapeaux qui indiquent aux apprenants où sont situées leurs écoles de kitesurf. Ma première surprise est de me sentir engoncé dans le matériel. Une combinaison sur laquelle vous ajoutez un gilet de sauvetage. Le tout recouvert du t-shirt de l’école de kitesurf. Très pratique, cette manière de faire permet de reconnaitre facilement les personnes étant dans l’une des nombreuses écoles évoluant sur la plage de Tarifa.

Premier jour : du kitesurf sur le sable

Aussi étrange que cela puisse paraître, les premiers moments ne se passent pas dans l’eau !
Pour cet apprentissage, Mon binôme Didier et moi-même serons avec Mathieu. Les enfants avec Caro. 

Mathieu commence à nous raconter la théorie comme il raconterait une histoire. Ça parle de vent, de direction, de forces, de courant, de vagues. Nous sommes assis à même le sable à l’écouter, les orteils plongés dans les grains chauds et le visage au vent. La méthode me plaît. Ensuite, il nous met au travail : il faut gonfler l’aile à l’aide d’une pompe. Sous le soleil, nous nous échauffons avec entrain.

Une fois cela fait, notre instructeur nous explique comment dérouler la barre, placer les fils… et ma crainte s’en va toute seule : ce n’est pas si compliqué, chouette ! S’ensuivent les consignes de sécurité. Ici aussi on met l’accent sur la prévention des accidents.

La matinée se passe à « apprivoiser » l’aile. Arriver à la maintenir au zénith puis doucement la balancer de droite à gauche. Enfin, répéter cela tout en marchant, en se retournant, sans regarder, puis en écrivant notre nom sur le sable. Dans un sens et dans un autre. C’est impressionnant de sentir la force du vent qui souffle dans l’aile.

Hélène Adam occupée à gonfler son aile de kitesurf.

Deuxième jour : on va dans l’eau ? 

Pour cette deuxième matinée, Mathieu nous fait faire des exercices plus complexes avec l’aile. Il faut arriver à jouer avec le vent.  Tout est une question de toucher, de feeling. La force physique n’intervient quasi pas. Le kitesurf est définitivement un sport qui convient autant aux hommes qu’aux femmes, j’adore !

Lorsqu’il nous sent prêts, notre souriant instructeur nous envoie dans l’eau. Il va falloir apprendre à se faire tracter par l’aile dans le sens du vent, mais également remonter ce vent. Mathieu nous équipe d’un casque avec une radio. Il nous donnera des indications depuis la plage. Il nous prévient que ce n’est pas la partie la plus agréable. Pourtant je m’amuse comme une folle. Les vagues s’écrasent sur mon visage. Je sens l’eau salée recouvrir mes lèvres et mon corps qui file sur les vagues. C’est l’éclate totale !

Hélène Adam et Mathieu sur la plage à Tarifa.

Troisième jour : et si on prenait la planche

Cette troisième matinée sera consacrée à évoluer sur la planche de kitesurf en se faisant tracter par la force du vent. Ce n’est pas si simple, car il y a de nombreux moments où cette planche décide de se dissocier de nous et les forces contraires du courant de la mer et de la force du vent nous oblige parfois à la lâcher. Ce qui me semble le plus difficile est d’aller récupérer la planche. Parce que bien sûr, pas question de relâcher ma vigilance sur l’aile qui ne doit ni tomber dans l’eau, ni foncer sur d’autres pilotes. C’est que nous sommes loin d’être les seuls utilisateurs de la mer. Finalement, je commence tout doucement à pouvoir me débrouiller. Et j’en retire une grande joie… et beaucoup de fatigue. Il faut dire qu’entre chaque essais, nous devons bien entendu remonter toute la plage à pied en tenant notre aile et notre planche. On en fait des km à pieds quand on débute le kitesurf !

Un rider entre dans l'eau avec sa planche de kitesurf à Tarifa.

Quatrième jour : on glisse

Aujourd’hui, je me retrouve avec mon fils de 16 ans pour le cours. Les deux autres membres de ma famille ayant dû arrêter pour des raisons indépendantes de leur volonté. L’objectif est d’arriver à glisser sur l’eau. Mais pour cela, il nous faut d’abord pouvoir nous mettre debout sur la planche de kitesurf. c’est le fameux waterstart pas si évident.

Très clairement, c’est la partie la plus fun. Mes fesses me paraissaient peser des tonnes. Une fois debout sur la planche, c’est ma tête qui filait rejoindre les flots. Qu’est-ce que j’ai ri durant toutes ces chutes dans l’eau ! Moins simple était d’arriver à faire décoller l’aile lorsqu’elle était tombée et alourdie par le poids de l’eau. Mais finalement, quelle joie de ressentir le vent dans l’aile, de s’élever sur la planche et de glisser une bonne vingtaine de mètres sur la mer… Ce n’était pas les bords les mieux faits ni les positions les plus jolies, mais nous y sommes arrivés !

Hélène Adam occupée à s'élancer sur une planche à Tarifa.

Fin de l’expérience

La dernière matinée, le vent était complètement absent. Après avoir patienté, nous avons tout remballé et sommes allé profiter pour nous baigner. La montagne en arrière fond et le vent chaud donnait à cet instant des allures de bonheur loin de toutes autres préoccupations.

Cette première expérience de kitesurf m’a très clairement donné envie de récidiver. J’ai hâte de pouvoir filer sur les flots, le bruit du vent dans l’aile, les pieds bien placés sur la planche évoluant sur les vagues. 

Notre team Kitesurf à Tarifa avec Caro et Mathieu.

Est-ce que c’est difficile de faire du kitesurf ? 

Au travers de mon expérience, je dirais OUI et NON. Oui parce qu’il faut arriver à réaliser certains gestes techniques et ne pas se décourager. Non parce que l’apprentissage est rapide et les résultats surprenants. Une fois que l’on arrive à rider, on est parti.

Comment débuter en kitesurf ? Peut-on apprendre seul ? 

J’imagine qu’il est tout à fait possible d’apprendre seul. Mais franchement, pour notre sécurité et celle des autres, mieux vaut ne pas s’y aventurer. La meilleure façon de BIEN apprendre est évidemment de se tourner vers un instructeur expérimenté.

En choisissant une filière professionnelle, vous aurez plus de garanties d’acquérir rapidement les bons gestes et les bonnes pratiques. De plus, vous progresserez plus vite et bénéficierez du matériel de kitesurf mis à votre disposition. 

Il existe plusieurs organismes qui vous délivrerons vos certifications. IKO étant sans doute le plus connu et le plus généralisé.

Quel matériel pour faire du Kitesurf ? 

La pratique du kitesurf demande un peu de matériel : 

  • Une aile plus ou moins grande selon votre expérience et votre gabarit (et la pompe pour gonfler le boudin)
  • La barre de kitesurf et son leash 
  • Un harnais
  • Une planche
  • Un casque
  • Une combinaison adaptée à la température de l’eau

Comme dans d’autres disciplines, en prenant soin de votre matériel, vous pourrez le conserver longtemps.

Hélène Adam et Mathieu son instructeur de kitesurf de Matos Tarifa.

Qui peut faire du kitesurf ? Peut-on apprendre à 50 ou 60 ans ?

Toute personne en bonne santé disons entre 7 et 77 ans. En réalité, il ne faut juste pas être trop léger. L’objectif n’est pas de s’envoler au départ, mais de glisser.

N’ayez pas de crainte de vous lancer dans l’expérience même si vous n’avez plus 20 ans.

En effet, hommes, femmes, enfants, jeunes, moins jeunes, grands, petits…  Tout le monde peut s’initier. Même lorsqu’on est porteur d’un handicap comme l’atteste cette vidéo. 

Zélande, Essaouira, Tarifa… où peut-on faire du kitesurf ?

On peut faire du kitesurf un peu partout où il y a du vent et de l’eau. Dans le nord en Manche, en Zélande et même en Belgique, les pilotes s’essayent parfois quand l’eau est encore très froide. À Marseille, au Prado, ils sont là en plein hiver occupés de voltiger. 

Mais dans les destinations réputées pour le kitesurf, il y a le Maroc, le Brésil et, bien entendu, l’Espagne à Tarifa où Caro et Mathieu ont aujourd’hui leur propre structure de kite (à découvrir ICI) que je vous invite à tester. En apprenant avec eux vous aurez l’assurance d’être avec des instructeurs qui sont non seulement empathiques, expérimentés, drôles et aux petits soins, mais également très professionnels. Si d’aventure vous allez leur rendre visite, embrassez-les pour moi.

Outre ces endroits proches de chez nous, de nombreuses destinations vous proposeront aussi de pratiquer cette activité. Même à Bonaire au sud du Salt Pier vous pouvez vous y adonner.

La plage de Los Lances Nord à Tarifa avec les cerf-volants de kitesurf..

7 raisons captivantes qui vont vous donner envie de faire du kitesurf 

  1. L’activité est accessible à tout le monde
  2. On peut s’envoyer en l’air avec plaisir…
  3. … tout en étant au plus près de l’eau
  4. Le kitesurf est un mélange de fun et de sensation
  5. L’apprentissage n’est pas si compliqué
  6. Le matériel est peu encombrant et permet de se mettre rapidement à l’eau
  7. Le kitesurf se pratique presque toute l’année (selon la destination et notre résistance au froid)

Mes endroits préférés à Tarifa et dans les environs

Partir en vacances c’est aussi découvrir. Durant ces dix jours passés à Tarifa nous avons eu le temps d’explorer le petit centre ville historique très animés le soir et nous attablés pour quelques tapas près du port. Je vous conseille très vivement d’aller faire un tour à la Burla. Un restaurant de tapas authentique… et délicieux.

  • Le restaurant à tapas La Burla à Tarifa.
  • Un plat de nachos succulent.
  • Tarifa avec le Maroc de l'autre côté.
  • Hélène Adam pose devant sa planche de kitesurf.

Au nord de Tarifa, le quartier de la Peña est un endroit parfait pour grimper en haut de la montagne et admirer la vue jusqu’au Maroc. Sur la route soyez prudents ; cochons ibériques, chèvres, vaches et chevaux partagent la route avec vous en toute liberté.

Encore un peu plus loin, le restaurant el Mirador est niché tout en haut de la dune de Valdevaqueros. l’endroit est parfait pour une soirée détente et gastronomie.

Dans la région, prenez aussi le temps de découvrir la petite ville andalouse de Ronda et poussez une pointe jusqu’à Gibraltar pour son côté British, tout à fait décalé sous cette chaleur.

Enfin, Tarifa c’est ce point particulier situé juste entre la Méditerranée et l’océan Atlantique. Le soir, vous pouvez allez vous promener à la pointe en admirant les kitesurfeurs qui continuent à charrier les dernières vagues, le dernier souffle du vent, pour notre plus grand plaisir.

Des kitesurfeurs évoluent sur l'océan au coucher du soleil à Tarifa.
Des couchers de soleil incroyable à Tarifa.

Plongée ou kite, quelle est ma préférence ? 

Pour dire vrai, c’est une question difficile, car les activités sont très différentes et même complémentaires : on peut faire du kitesurf les jours de grand vent où le bateau ne peut pas sortir. A l’inverse aller plonger lorsque la mer est calme et le vent complètement tombé.

J’aime la plongée par-dessus tout et depuis longtemps. Cela pour cette sérénité et l’émerveillement qu’elle m’apporte. 

Par contre, j’ai trouvé dans la pratique du kitesurf, un challenge avec moi-même, de la joie, de l’adrénaline, de la simplicité et un brassage d’âges tout à fait intéressant. En effet, au bord de la plage, l’ambiance est bonne, elle est fun. Les petits bars diffusent de la musique. Les gens rient, boivent, mangent, se préparent s’amusent. C’est intense.

Tout comme je l’avais déjà pointé dans l’article sur Bonaire en parlant de la planche à voile, le monde de la plongée aurait tout intérêt à s’inspirer de ce type de discipline pour mettre de la légèreté, du fun et de la couleur pour voir les plus jeunes s’y intéresser

Vous connaissez cette activité sportive ? Vous seriez tenté de l’essayer ? 

Dites-moi cela en commentaire de ce post

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène