Stress en plongée

Régulièrement, il m’arrive d’observer des plongeurs et plongeuses qui ne semblent jamais soumis à la peur et/ou au stress en plongée sous-marine.

Si la plupart des adeptes de plongée sous-marine sont dotés d’un neurone de garde, certains font fi de la peur et/ou du stress que l’élément aquatique peut parfois naturellement provoquer.

Or, lorsqu’il est négligé, le stress peut représenter un véritable facteur accidentogène en plongée sous-marine.

Issu de l’inexpérience, du matériel, des conditions de plongée (froid, profondeur, courant, …), de la narcose à l’azote, du temps qui passe (et les paliers qui s’affichent), de la sensation de la pression ou encore de la proximité avec certains animaux, le stress est un ennemi invisible qui peut se révéler redoutable et transformer un incident en accident aux conséquences quelque fois dramatiques.

Il y a plusieurs dizaines d’années, la plongée sous-marine était réservée à un public spécifique et présentant une bonne condition physique. Aujourd’hui, la plongée s’est ouverte à toutes et tous dans une optique de loisir.

Si l’on peut vraiment s’en réjouir, il faut également pouvoir adapter la plongée aux personnes qui la pratiquent. La question du stress doit dès lors être prise au sérieux car elle fait partie des facteurs « humains » responsables d’accidents de plongée importants et/ou graves.

Mais pourquoi le stress en plongée représente-t-il un tel danger ?

En laissant de côté les explications biochimiques et de réactions physiques individuelles au stress, il me semble nécessaire de comprendre que, selon la personnalité, les caractères propres, l’expériences ou encore les conditions de plongée, le stress pourra provoquer dans le corps une réaction de panique (plutôt chez les personnes anxieuses ou introverties par exemple) ou d’euphorie (entre autres chez les plongeurs extravertis ou plus impulsifs). La panique et l’euphorie pouvant déclencher chez les plongeurs des comportements erratiques risquant de causer des accidents de plongée.

Edmond (1995) nous dresse un tableau reprenant les Causes possibles – «stresseurs» – de panique ou d’euphorie en plongée

Peut-on cependant empêcher les effets du stress en plongée ?

S’il est relativement imprévisible et difficile à détecter, il est tout de même possible d’avoir une action sur le stress.

La première étape est de pouvoir reconnaitre et accepter son stress. Faire « comme si tout allait bien » est dangereux pour soi-même mais également pour son binôme.

Il est tout à fait normal et acceptable de ressentir du stress dans certaines situations particulières en plongée sous-marine.

La deuxième étape, en vue de prévenir (c’est tout de même mieux que de guérir 😉), est de respecter ces quelques conseils :

  • Evoluer en progressant lentement, à son rythme sans céder à la pression d’autres plongeurs qui réalisent vraiment des plongées « sans peur » et vous incitent à les suivre.
  • Ne pas bruler les étapes
  • Respecter ses prérogatives
  • Limiter la profondeur
  • Choisir des spots de plongée sécurisant
  • Vérifier régulièrement son matériel et le faire entretenir
  • Choisir avec précautions ses compagnons de plongée
  • S’entourer de plongeurs expérimentés lorsque l’on teste une nouvelle facette de la plongée
  • Entretenir sa condition physique
  • S’engager si besoin dans des pratiques de relaxation de type yoga, sophrologie, pleine conscience, …

Et surtout…

NE PAS PLONGER SI ON NE LE SENT PAS !!!

C’est probablement la règle « number one » en plongée sous-marine.

Rien de plus sympa et sécurisant qu’un plongeur qui peut reconnaitre que ce jour là, dans ces conditions là,… il ne le sent pas et préfère assurer la sécurité en surface des autres palanquées. Nul doute qu’il sera au top pour la plongée suivante.

Ai-je déjà été stressée en plongée ? Ai-je déjà renoncé à plonger parce que je ne le sentais pas ? La réponse est OUI, bien sur 😉

La plongée est et doit rester un plaisir 

Bonnes bulles à toutes et tous… et n’oubliez pas d’être heureux 👌🏻

Hélène

Source :

Edmonds C., Lowry C., Pennefather J., Diving and Subaquatic Medicine, 3rd ed, Butterworth & Heinemann, Oxford, 1995.