Partage d’infos de plongée

Le partage d’infos de plongée peut parfois mener à des situations délicates comme celles vécues récemment. L’histoire se déroule ce samedi 15 janvier 2020.

Je regarde mon fil d’actualité Facebook et suis interpellée par une vidéo vraiment très drôle réalisée par deux plongeuses dans un environnement d’eau froide. Elle montre une vision un peu décalée de la « plongée au féminin » vue ici comme pas vraiment glamour, peu smart, mais proposant un esprit de joie et de bonne humeur.

Sur la page SDT qui partage la vidéo, le titre (en anglais dans le texte) est « Qui sont ces filles ? » et fait penser que personne ne sait d’où vient la vidéo. Les likes sont nombreux, les partages aussi. En quelques heures c’est le buzz.

J’adore ce genre d’humour et décide alors de la partager sur mon mur Facebook. Et, dans la foulée, sur le groupe Formation de plongée, astuces et autres petits plaisirs. La vidéo fait mouche. Un ami me dit que cette vidéo tourne depuis quelques heures sur le net et que tout le monde ignore qui sont les filles de la vidéo.

Emportée dans le mouvement, je partage la vidéo sur ma page Facebook Different Dive.

Et puis soudain le doute m’assaille. Je me dis qu’a travers du partage d’infos de plongée je participe peut-être au vol du travail d’autrui. D’où vient la vidéo ?

Je retourne sur la page qui partage la vidéo. Très vite je m’aperçois que la page SDT semble cacher une agence qui vend des voyages. Je commence à lire les commentaires.

Après quelques instants, je tombe sur un commentaire où une personne indique que la vidéo est à elle :

Partage d'infos de plongée : copie d'un commentaire sur une page Facebook
Commentaires | © Different Dive

Je vais voir la page Save Our Plankton suivie par +/- 1000 membres. C’est une page merveilleuse avec des photos splendides. L’objectif est de montrer la beauté des fonds marins et d’encourager la préservation des océans. J’adhère.

J’interpelle alors la responsable de la page pour lui demander si la vidéo est bien la sienne. Elle me le confirme. (Et puis, elle est facilement reconnaissable au travers des photos postées).

Nous sommes samedi, il est 18h.
La page SDT qui avait partagé la vidéo sans mention de l’origine (page qui semble habituée à ce genre de pratique) a enregistré plus de 60.000 vues sur la vidéo en 8h. La page qui a créé la vidéo en 13h a enregistré seulement +/- 10.000 vues.

Je suis choquée de voir que quelqu’un profite délibérément du travail d’autres sans faire mention des réelles auteures.

Ma décision est prise. Malgré les nombreux likes et commentaires que la publication a déjà reçus via les trois endroits où je l’ai partagée, je supprime tout, m’excuse auprès des personnes et poste la vidéo d’origine cette fois en expliquant la méprise. Je souhaite mettre en évidence les auteures. Du coup, j’incite les internautes à faire de même et, par la même occasion, à découvrir la page Save Our Plankton.

Dans la foulée, je partage la vidéo sur d’autres groupes en espérant que le monde francophone de la plongée pourra faire pencher la balance et mettre en avant le travail de ces deux filles.

Suite à mes messages, un de mes amis à la présence d’esprit de publier le véritable lien en commentaire sur la page SDT qui « utilise » la vidéo. Finalement après plusieurs heures à « profiter » du succès de la vidéo, l’administrateur de SDT se résout à mettre un mot « nous les avons retrouvés » et une identification de la page d’origine sans supprimer la vidéo qui continue à « travailler » pour lui.

24h plus tard, la vidéo prise par la page SDT et celle de la page d’origine sont au coude à coude en termes de vues.

Si SDT a largement profité (et profite encore) du mouvement pour enregistrer plus de 1000 membres supplémentaires, les filles ont vu leur page faire un joli bond en avant également. Je suis heureuse d’avoir participé avec vous toutes et tous à cette reconnaissance.

Pourquoi je vous raconte tout cela ?

Dimanche après-midi, je discute avec Paul, le créateur de la page la beauté de la plongée, qui me dit « il faut expliquer ça aux gens Hélène et les inciter à faire attention à respecter le travail des gens ». De son côté Paul identifie toujours les auteurs des publications qu’il partage.

Au plus profond de moi, je sens qu’il a raison.

Alors que j’avais décidé de m’adonner à bien d’autres choses cette après-midi, je prends mon clavier pour écrire cet article.

Parce que, bien entendu, j’ai déjà plusieurs fois été victime au travers de mon blog de ce genre d’agissement où des personnes sans aucun scrupule publient mes textes, photos et/ou vidéos comme étant les leurs. Et ce n’est pas du tout correct ni respectueux de l’énergie et du temps que les auteurs mettent à les produire et les partager.

Partage d’infos de plongée : vous êtes auteur et vous constatez que quelqu’un d’autre utilise votre contenu à son profit

Cette attitude n’est pas juste ni respectueuse
  • Demandez poliment à la personne de retirer la publication ou de faire mention de votre nom et/ou de votre page, selon votre souhait.
  • Sans réponse de sa part, n’hésitez pas à signaler l’abus au média. Dans le cas de Facebook, sachez que la société prend très au sérieux ce genre de plainte. Elle supprime la publication « volée » rapidement. Dans ce cas, c’est votre publication originale qui reprendra ses droits.
  • N’hésitez pas à mettre votre nom dans les photos et/ou vidéo pour dissuader

Partage d’infos de plongée : vous voulez faire circuler le travail d’un auteur ?

  • Demandez-lui son accord (c’est un minimum). La plupart du temps, les personnes seront ravies de voir leur travail reconnu et partagé.
  • Si vous ne le trouvez pas, mais que l’endroit où vous avez trouvé la publication mentionne un nom, faites de même.
  • Vous prenez des photos sur des plateformes de photos libres de droits ? Mentionnez le nom de l’auteur si possible même si ce n’est pas obligatoire. Ce sera encourageant pour la personne qui aura envie de partager d’autres créations.
  • Si vous voyez une publication sans aucun nom d’auteur (comme la vidéo des filles sur la page SDT), exercez votre sens critique et regardez si vous pouvez trouver la publication originale.

Merci à mon ami Paul de m’avoir incitée à écrire cet article

C’est tellement plus sympa de participer au partage d’infos de plongée en mettant en avant ceux et celles qui ont pris de leur temps pour les réaliser.

Qu’en pensez-vous ?

Si vous voulez vous aussi participer au respect, partagez cet article auprès de vos contacts et vos groupes préférés

Et surtout… n’oubliez pas d’être heureux/heureuse 🤗

Hélène

Présentation du roman Il me disait ose (ou quelque chose comme ça), le premier livre de Hélène Adam